Techniques & Stratégies

Pêche aux prémices du printemps

Trancher entre le vrai et le faux…

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de Robin Illner

Notre collaborateur Robin Illner nous donne de précieux conseils pour aborder le tout début du printemps, saison particulièrement délicate à négocier.

1 : Les tresses permettent de couper les herbes – 10% vrai

Pêche aux prémices du printempsJ’aime utiliser de la tresse lorsqu’il s’agit de pêcher dans les herbiers ou dans les nénuphars. Cependant, le fait que les tresses coupent facilement à travers les herbes est un mythe. La structure cellulaire de la plupart des plantes aquatiques est assez résistante et pas facile à couper avec une tresse.

Avec les nénuphars j’ai souvent l’impression que la tresse coupe sur quelques millimètres avant de se coincer dans les tiges. Personnellement, pour la pêche dans les herbiers très denses, je préfère utiliser un monofilament de 0,40mm, prolongé par une tête de ligne en 0,60mm. L’avantage est évident. Le monofilament épais passe autour des tiges et ne coupe pas, et donc ne se coince pas, en raison de son épaisseur.

2 : La température de l’eau est déterminant pour l’activité des carpes – 80% vrai

Pêche aux prémices du printempsLes carpes sont des animaux à sang froid. Le métabolisme des animaux à sang froid s’adapte à la température ambiante. Plus la température est basse, plus le métabolisme est lent. Plus le métabolisme est lent, plus la conversion alimentaire de la carpe est faible. Cependant, la durée de la journée joue également un rôle décisif.

À mesure que les jours s’allongent au printemps, les carpes deviennent plus actives, même avec une température de l’eau de seulement 10 degrés. Par contre la quantité de nourriture absorbée reste faible. Au printemps il faut surtout éviter de trop amorcer. Le mieux pour avoir de l’action rapidement est d’amorcer très peu.

3 : Les endroits peu profonds constituent les hots spots au printemps – 90% vrai

Pêche aux prémices du printempsLes zones peu profondes sont un bon choix au printemps pour deux raisons. D’un côté, les zones peu profondes se réchauffent plus rapidement pendant la journée, surtout par beau temps. Le métabolisme augmente et la carpe mange.

Par ailleurs, sur pas mal d’eaux les carpes se rassemblent vers les frayères qui se trouvent toujours dans des zones peu profondes. Mais méfiez-vous, toutes les zones peu profondes ne conviennent pas au frai de carpes. Les plantes aquatiques qui servent de support pour les œufs sont nécessaires pour attirer les carpes.

4 : Durant la nuit les carpes voient mieux les appâts artificiels aux UV active – 0% vrai

Pêche aux prémices du printempsCe n’est pas vrai. Pour pouvoir percevoir les appâts aux UV actives, il faut que la lumière UV soit présente dans le spectre lumineux de la lumière solaire. Cependant, comme le soleil n’éclaire pas le côté sombre de la terre durant la nuit, la lumière UV fait également défaut.

Ainsi, les appâts UV ne peuvent pas être plus excitants. Puis la lumière de la Lune ne suffit pas car la quantité de rayons ultraviolets est trop faible.

5 : Une amorce active stimule mieux les carpes – 85% vrai

Pêche aux prémices du printemps

Au printemps, quand je n’amorce pas un poste à l’avance et que je pêche surtout la nuit, je préfère utiliser une amorce active. Les arômes et saveurs se diffusent beaucoup plus rapidement à partir de petites particules et de petites bouillettes que d’appâts volumineux. J’aime utiliser des amorces pour la pêche à l’anglaise, des petits pellets de 6 à 10mm qui contiennent peu d’huile et des bouillettes de 16mm fruitées telles que Yellow Zombie ou Rastafari.

Le chènevis et autres petites graines constituent une valeur sûre aussi. L’ajout d’attractant liquides aide aussi. Plus mon amorce est attractive, plus rapidement les carpes la trouvent et la consomment.

6 : Les petites esches sont plus efficaces dans une eau encore froide – 20% vrai

Pêche aux prémices du printempsJe ne peux pas soutenir cette thèse. Pour moi, il n’y a aucune raison plausible pour qu’une carpe prenne plutôt une petite esche dans une eau froide. Bien que je mette souvent des appâts d’amorçage plus petits, pour diffuser les arômes dans l’eau plus rapidement et obtenir un meilleur effet stimulant, utiliser une esche plus volumineuse, telle qu’un bonhomme de neige 20-16mm par exemple, ne pose aucun problème.

L’avantage est que je réduis les risques de piquer des poissons indésirables.

7 : Les eaux peu profondes sont plus productives au printemps – 95% vrai

Pêche aux prémices du printempsAu printemps j’aime pêcher les lacs peu profonds. L’eau s’y réchauffe plus vite et les carpes entrent en activité plus rapidement.

Si les lacs peu profonds (de 2 à 3 mètres) atteignent rapidement des températures de 12 degrés et plus, les lacs profonds restent encore très froids pendant un bon moment.

8 : Les hameçons de petite taille sont plus efficaces – 10% vrai

Pêche aux prémices du printempsEn principe j’adapte la taille de mes hameçons à la taille de mes esches. Étant donné que j’utilise aussi des esches plus volumineuses au printemps, je me sers aussi des hameçons de taille 6, 4 et parfois même 2.

Au printemps dernier j’ai capturé une carpe de 25,200kg dans 1 mètre d’eau avec un bonhomme de neige 24-20mm combiné avec un hameçon taille 2. Ceci ne pose aucun problème.

9 : Un vent Sud-Ouest est mieux qu’un vent Nord-Est – 60% vrai

Pêche aux prémices du printempsFondamentalement, un vent chaud au printemps est une condition plus propice au succès de la pêche à la carpe qu’un vent froid. Les vents du Sud et de l’Ouest apportent souvent de l’air chaud, alors que les vents du Nord et de l’Est sont souvent plus froids. Cependant, cette règle n’est pas figée.

Les jours très ensoleillés, où le poisson devient actif en raison de la luminosité, j’ai pu obtenir de bons résultats même par vent froid. Dans ce cas particulier, je pêche généralement un peu plus profond. Au lieu d’offrir mes appâts dans des profondeurs d’eau allant de 1 à 2 mètres, je pêche entre 3 et 4 mètres de profondeur.

10 : Les journées ensoleillées sont meilleures que les journées pluvieuses – 25% vrai

Pêche aux prémices du printempsCela dépend beaucoup des conditions sur une période d’une semaine. Je vais l’illustrer avec un exemple. Quand grâce au soleil l’eau se réchauffe pendant plusieurs jours de suite, on a de bonnes conditions. Si après on a une journée à basse pression avec un vent du sud chaud qui apporte de la pluie, les conditions sont encore meilleures !

Par contre, s’il pleut depuis quelques jours avec un vent du nord froid et le jour de ma pêche, le soleil brille, la situation n’est pas très bonne. L’eau froide et la haute pression ne me faciliteront pas la tâche.

11 : Les carpes sont au ralenti quand l’eau est froide – 100% vrai

Pêche aux prémices du printempsCette thèse est clairement juste. Plus l’eau est froide, plus le corps du poisson est froid. Les processus physiologiques sont plus lents. L’activité musculaire est réduite, le poisson nage plus lentement sur de plus petites distances. Plus le poisson bouge, plus sa consommation d’énergie est élevée.

12 : Les ALT sont moins efficaces au printemps qu’en été ou en automne – 80% vrai

Pêche aux prémices du printempsLe printemps n’est pas le meilleur moment pour lancer un ALT (campagne d’amorçage prolongée). Les carpes ne mangent pas encore assez et se déplacent peu. Puis, au moment où les carpes se rassemblent sur la zone de frai et pendant le frai elles ne s’intéressent que très peu à nos appâts.

C’est plutôt le moment de pêcher au single hookbait. Je commence mes campagnes d’amorçage seulement après que les carpes ont terminé le frai.

13 : Les carpes frayent toujours à la même température – 50% vrai

Je connais des endroits où les carpes frayent déjà quand l’eau atteint une température de 15 degrés. Il s’agit souvent d’eaux peu profondes avec des fonds très plats. Sur les lacs profonds, les carpes frayent souvent seulement quand la température de l’eau atteint les 20 degrés en surface.

En rivière, la température idéale pour le frai se situe plutôt entre ces deux valeurs. Cependant, sur les mêmes eaux le frai a très souvent lieu à la même température chaque année. Un autre facteur important est le potentiel génétique du poisson, qui lui aussi détermine le moment du frai.

Pêche aux prémices du printemps

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