Sessions - Récits

Et si on passait une semaine ou deux au bord de l’eau ?

Grégory Lefebvre

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Cette année 2020 est pour moi une année plutôt compliquée en termes de temps de pêche. Entre les travaux de rénovation de notre maison que j’ai commencés l’automne dernier, et mon changement de boulot, je savais pour moi que le temps pour ma passion allait vraiment être limité.

Puis, en plus, au printemps arrive cette histoire de COVID 19 qui sème une pagaille pas possible et qui nous interdit la pêche pendant quelques mois !

Alors là, j’étais vraiment comme un dingue quand j’ai appris la nouvelle, comme beaucoup d’entre nous d’ailleurs.

Bon, j’avoue que j’ai quand même pu partir une nuit ou deux en début de saison pour des pêches rapides, mais hormis quelques carpes et beaucoup de silures, mes efforts étaient loin de mes espérances.

J’ai alors pris mon mal en patience, je me suis dit que tout allait rentrer dans l’ordre à un moment donné.

Pour les vacances d’été, ma femme m’avait demandé ce que l’on pourrait faire cette année. Elle m’a dit qu’elle ne voudrait pas partir dans des endroits où il y aurait de la foule, car avec la crise sanitaire elle pensait que ça risquait d’être du grand n’importe quoi.

Elle m’a donc dit très franchement : « et si on allait passer une semaine ou deux au bord de l’eau ?! » Alors là, j’étais super content qu’elle m’annonce une chose pareille.

Je lui ai quand même demandé si elle était bien sûr, et après confirmation de sa part, je lui ai dit que j’en étais vraiment ravi !

Le choix de la destination

Elle m’a donc demandé si j’avais une idée de l’endroit où l’on pourrait éventuellement aller. Nous avons discuté des différentes destinations possibles.

La pêche en famille peut vite tourner au cauchemar si la destination n’est pas agréable à vivre pour elle ou pour les enfants.

Cela peut vite devenir une mission désagréable si le lieu ne s’y prête pas. Finalement, nous avons choisi deux destinations qui répondaient à tous les critères : pêche de nuit autorisée, un coin sauvage (barrage) dans un cadre paisible, une eau assez claire pour pouvoir se baigner tranquillement.

Et bien sûr pour la pêche un lac avec un beau cheptel de carpes évidemment. Nous avons donc choisi deux lacs au cas où il y aurait un souci sur le premier pour avoir une solution de repli, car on ne sait jamais à l’avance sur quoi on va tomber quand on part à l’aventure.

Préparation

Même si les vacances d’été ne sont pas franchement top pour faire des carpes, j’étais motivé à bloc, car la pêche commençait vraiment à me manquer.

Pour les dates, nous avions choisi les deux semaines du 31 juillet au 14 août. J’ai donc préparé quelques semaines avant notre départ tout le matériel nécessaire pour une bonne session.

Je suis passé chez mon détaillant Wild Carp Fishing récupérer quelques kilos de noix tigrées au cas où, et surtout du petit matériel comme des hameçons, des plombs, de quoi blinder mes appâts, mais aussi quelques repères et tout le reste qui me manquait et qu’il ne faut surtout pas oublier.

J’ai aussi passé une commande d’appâts auprès de Max, en optant pour les bouillettes Mega Krill en diamètre 24 et 30mm. Pour moi ce sont des bouillettes en lesquelles j’ai confiance et c’est très important quand on part sur des lieux inconnus.

C’est parti !

Le jour J est là, enfin on y est, le réveil sonne à 5h30. Je réveille donc ma fille et mon fils qui d’ailleurs, non pas trop dormi, trop excités sans doute, à l’idée de partir en vacances. Tout y est, nous n’avons rien oublié.

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Enfin normalement. J’ai tout chargé la veille pour pouvoir prendre la route à 6h. Le camion est chargé comme un âne !

J’ai accroché ma remorque avec mes deux bateaux de 4m et 2,60m et tout le matériel qu’il faut pour 15 jours de vacances.

Environ 5 heures et demie plus tard, le voyage s’achève. Tout s’est bien passé et nous découvrons notre première destination, un joli lac de barrage perdu au milieu de nulle part.

Un poste prometteur

J’ai envie de m’installer très vite, mais je sais par expérience qu’il vaut mieux prendre son temps et être installé au bon endroit plutôt que se précipiter et devoir changer de poste peu de temps après.

Alors je décide de prendre mon iBoat 260 pour aller prospecter un peu afin de trouver un poste agréable qui offre de grandes chances de capturer quelques poissons.

Je demande à ma femme de m’attendre un instant, le temps que je fasse mon petit tour d’horizon. Je reviens vers elle une heure plus tard sous un soleil de plomb.

Mon choix tombe sur une pointe où il est assez facile de s’installer et où je sens que j’ai de bonnes chances d’intercepter quelques poissons de passage.

Une bonne heure et pas mal de sueur plus tard tout est installé.

Nous sommes déjà en fin de journée, mais je prends mon temps pour passer un coup d’échosondeur.

Je balise une assez grande zone devant la pointe où les profondeurs varient entre 4 et 7 mètres, et je mets en place un amorçage sur un très grand rectangle.

Pour le premier soir, ma priorité est surtout l’amorçage, et ce sera fait avec 25 kg de Mega Krill, un mélange de 24 et 30mm. Les billes sont éparpillées, une bille par-ci, une bille par-là, sur une surface énorme pour inciter les carpes à nager.

Mon Dieu que c’est long comme méthode d’amorçage ! Heureusement, Noa et Louna me donnent un coup de main et me font gagner du temps.

Bon, il est déjà assez tard et nous avons faim. Nous décidons donc de faire à manger et de nous occuper des cannes après. La fatigue de la route se fait sentir, mais nous sommes tous content d’être enfin là, au bord de l’eau à partager notre premier repas. Le lac est magique, on en prend plein les yeux.

Derniers détails avant de faire feu

Après ce premier repas, je prépare mes quatre cannes. Les montages sont simples. Plombs in-line 227g, bas de ligne en tresse Strip X 45lbs avec un hameçon taille 2 monté en blow-back rig avec une olivette de 6g pour le pré piquage.

Pour les esches, toutes les cannes pêcheront avec des billes Mega Krill de 30mm posées sur le fond. Très simple mais efficace quand on met les carpes en confiance grâce à l’amorçage.

Je préfère miser sur cette approche plutôt que de tenter de déjouer la méfiance des poissons avec des montages super techniques.

Il est 21h30 et tout pêche ! Enfin ma première nuit au bord de l’eau. Elle fut assez calme mais vu l’amorçage mis en place le contraire m’aurait étonné.

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Sur des amorçages assez conséquents cela peut prendre un peu de temps avant que ce soit rentable, mais il faut savoir être patient.

À midi, alors que je fais à manger, boum, premier run ! Malheureusement, le poisson fonce dans un herbier et décroche. Arff, dommage, je suis vert !

Mais je me dis que si elles commencent déjà à rentrer sur l’amorçage cela risque d’être violent par la suite. Je décide donc en début d’après-midi de remettre 25 kilos d’appâts parce que si elles sont actives, il faut qu’elles trouvent ce qu’il faut sur la zone pour pouvoir les garder un maximum de temps et les mettre en confiance.

De plus, aujourd’hui, la météo a changé radicalement. Le soleil de plomb d’hier après-midi a laissé place à un ciel couvert avec une baisse des températures ce qui doit être bon pour la pêche puisque l’eau a perdu pas moins de 3 degrés !

Fin de journée, alors que je ne m’attendais pas du tout à prendre d’autres poissons au vu de l’amorçage du début d’après-midi, je viens de faire ma deuxième touche.

Une première commune sur ce lac inconnu, qu’est-ce que c’est bon de voir la première carpe d’un lieu nouveau.

La belle repart à l’eau, je replace la ligne et la nuit commence à tomber. Biiiip, ça redémarre sur une autre canne ! Yes, une première miroir que je glisse dans le filet, cool ! Cependant, je me pose des questions sur la moyenne du lac, car les deux premiers poissons ne sont pas énormes.

Je n’ai pris aucun renseignement sur le lieu (j’ai préféré garder le suspense), mais bon, on verra bien, on a du temps et je suis bien loin d’imaginer que j’allais faire une pêche de folie !

Des nuits pleines d’action !

La nuit arrive et je profite pour regarder si quelques poissons se manifestent en surface, mais rien de rien, pas le moindre saut.

Je tombe de fatigue, il est 23h, il est maintenant temps de dormir un peu. À 23h30 bingo, encore un run !

Le départ est très violent, je saute dans le bateau pour rejoindre le poisson. Après quelques rushes sous le bateau la carpe finit par monter et glisse dans le filet, il s’agit d’une belle commune de 18 kg ! Top !

Malgré la fatigue, je me motive et retourne poser la ligne, puis enfin, je saute directement dans mon bed, mais pas pour longtemps !

En effet, j’enchaîne les touches jusqu’à 4h du matin jusqu’à ce que la fatigue l’emporte et que je décide de relever les cannes en fin de nuit, histoire de dormir une heure ou deux.

Je dors jusqu’à 9h, et au réveil je sursaute, il faut que je replace les lignes avant d’aller prendre un bon café. Je replace donc les cannes très rapidement et rejoint ma femme et les enfants pour le petit déjeuner.

Je raconte alors ma nuit et ils n’en reviennent pas. Ils sont tous très contents pour moi, la pêche est top ici !

La matinée est calme, mais nous avons encore le droit à la touche de midi. Ma fille m’accompagne dans le bateau et là, on voit une miroir massive passer sous le bateau.

Je lui dis alors « c’est un mammouth, elle est super large, ne la loupe pas avec l’épuisette ! », mais le poisson rentre du premier coup !

La moyenne commence à monter, quelle folie. Nous prenons quelques photos et le poisson repart aussitôt.

La canne replacée, je fais un rappel de bouillettes assez large sur la zone.

Dans l’après-midi une magnifique fully nous rend visite, ouah quel cheptel de folie ! Des communes, des miroirs, des fullys, quel lac de dingue !

La journée avance doucement et les touches sont régulières. Je sais déjà que la nuit qui va suivre risque d’être encore très mouvementé, et en effet, j’enchaîne encore les touches sur une grosse partie de la nuit jusqu’à ce que la fatigue prenne le dessus. Ensuite, je relève les cannes afin de me reposer quelques heures.

Pour cette deuxième nuit, il n’y a que des communes calibrées entre 13 et 15 kilos que je relâche aussitôt d’ailleurs. L’eau est très chaude, inutile de mettre des poissons au sac.

Les jours se suivent et se ressemblent, la cadence est toujours là même. La matinée assez calme, la touche du midi, puis l’après-midi 2 ou 3 poissons et la nuit entre 6 et 8 poissons !

Les carpes mangent vraiment de partout sur la zone amorcée, elles ont confiance et restent sur le secteur. Les poissons, en général, sont assez calibrés, surtout dans les bancs qui envahirent la zone durant la nuit.

J’ai fait une nuit avec que des communes de plus de 17 kilos, et d’autres nuits avec des poissons entre 13 et 15kg.

Par contre, les touches de journée peuvent rapporter de grosses miroirs massives ou de temps en temps une jolie robe d’écaille, ou encore des communes aux couleurs magnifiques.

La pêche se poursuit et les touches s’enchaînent au même rythme que mes sacs de bouillettes se vident. La semaine est bien entamée et il est temps de trancher.

Le truc, c’est que le vent a fait frotter mon iBoat 400 sur une bande rocheuse et qu’il a finie par se percer, alors rien n’est simple, même les batteries ont souffert de cette première semaine de pêche très agitée.

Un collègue doit passer me poser un kit de réparation pour mon bateau puisque le mien a malheureusement séché.

Alors on décide, ma femme et moi-même, de rester sur ce lac pour le reste de nos vacances et de continuer sur la lancée.

Petite baisse de régime…

Le week-end arrive, la chaleur étouffante et la baisse du niveau du lac ne m’encouragent pas pour la suite. Le lac a perdu plus d’un mètre ces derniers jours, et toute la journée du dimanche fut très calme.

Je décide donc d’aller plonger un peu sur la zone pour voir u ce qu’il se passe. En effet, il y a belle et bien des grosses fouilles de carpes sur toute la zone et il y a aussi quelques bouillettes qui traînent encore sur le fond.

Je décide donc d’attendre un peu, voire si dans la nuit les carpes deviennent plus actives. Mais la nuit du dimanche ne m’apportera qu’un seul poisson.

J’espère que le coup n’est pas en train de s’essouffler, mais j’amorce quand même tout le secteur avec 10 kilos de bouillettes 24/30mm, car les carpes peuvent encore revenir.

Le lundi dans la journée, le temps très lourd et très orageux n’arrange pas les choses, et il n’y a toujours aucune touche en journée.

La nuit par contre, les températures commencent à baisser légèrement et ce coup-ci deux poissons me rendent visite.

Bon, je suis confiant pour la suite puisque la météo annonce un changement de temps le mardi.

Je continue à y croire. Je sais que les bouillettes sont très efficaces et que les carpes y reviendront si je continue à entretenir le coup légèrement.

Et c’est reparti !

Le mardi après-midi, je fais enfin une touche. Une jolie commune de 17kg me motive à bloc pour la nuit.

Et la suite en dit long sur l’efficacité de ses appâts puisque à nouveau les nuits blanches s’enchaînent avec jusqu’à 8 touches par nuit !

Et comme la première semaine, en général des poissons de taille calibrée entre 15 et 17 kilos.

Je suis vraiment épuisé par toutes ces touches, mais quoi de mieux que de faire des pêches comme celle-ci quand tu pêches en famille ?!

Le vendredi après-midi, il est temps pour nous de rentrer. La chaleur s’est de nouveau installée, la pêche a été intense et les enfants étaient très contents.

Ma femme n’a pas vu passer les 14 jours de pêche avec toute cette activité. Une pêche en famille réussit avec pas moins de 76 carpes mises au sec avec une moyenne de poids assez généreuse, dont quelques belles de plus de 20 kilos et aussi de superbes poissons aux écailles de folie, quoi de mieux pour apprécier ses vacances ?! Le paradis quoi !

Lors de cette pêche, j’ai pu constater que les poissons étaient vraiment en confiance sur l’amorçage. Tous les poissons pêchés rejetaient de la pulpe de bouillette sur le tapis.

J’ai même pu pendre une commune à deux reprises à seulement 12h d’intervalle, comme quoi elles se nourrissaient bien sûr la zone amorcée.

Je pense que les gros amorçages ayant comme but la mise en confiance des poissons restent une valeur sûre pour augmenter nos résultats.

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