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Un jour de chance…

de Simon Crow

Je pêche la carpe depuis 1980 et j’ai énormément pêché durant toutes ces années.

J’ai entendu beaucoup d’histoires de pêcheurs arrivant sur un lac pour la toute première fois et attrapant le plus gros poisson du lieu seulement quelques heures plus tard.

Je sais que ce sont des choses qui arrivent, mais jusqu’à cette année ça ne m’était jamais arrivé !

C’était lors d’une visite improvisée au lac Farriers de la Carp Society dans le parc aquatique Cotswold, juste pour prendre quelques photos.

Il s’agit d’une belle partie de l’Angleterre, beaucoup de lacs dans une zone boisée naturelle.

C’est presque aussi pittoresque que la France, mais les eaux sont beaucoup plus petites ici.

Elles sont aussi soumises à une très forte pression de pêche, et le jour où je suis arrivé à Farriers, presque tous les postes étaient déjà occupés.

Un jour de chance… de SIMON CROW | CARP LSD LE MAGAZINE 100% CARPE

J’étais installé à Ringwood depuis 48 heures au légendaire Roach Pit qui est maintenant géré par CWA Fisheries.

C’était une matinée de printemps typique avec une bruine très fine et de l’air frais. Pour être honnête, je n’avais pas vraiment envie de partir.

C’était une bonne météo pour les grosses carpes et par expérience, je savais qu’en restant, il allait se passer quelque chose.

Je m’étais engagé pour être à Farriers à 10 heures du matin pour y rencontrer mon ami Josh, alors j’étais obligé de plier à Roach Pit juste dans la bonne plage horaire pour espérer y avoir une touche, ce qui a ajouté à mon mécontentement.

Je n’avais pas vu Farriers depuis une vingtaine d’années lorsque la Carp Société avait obtenu la gestion du plan d’eau.

À l’époque, c’était un étang quelconque sans arbres autour. Quelle différence c’était de le voir si luxuriant.

J’avais tellement lu sur le lieu au cours des années qui s’étaient écoulées que j’étais ravi d’y rencontrer Josh qui pêchait le poste numéro 6.

Les conditions sur le lac me semblaient parfaites.

J’avais un bon feeling. Aucune des grosses résidentes n’avait été capturée depuis le début de l’année, mais les carpes commençaient enfin à se montrer, en particulier sur le poste situé à gauche de Josh connue sous le nom de Peg 5.

Après avoir causé un moment avec Josh, j’ai jeté un coup d’œil sur ce poste pendant que Josh se dirigeait vers sa camionnette pour passer un appel téléphonique. J’ai vu sauter une carpe, puis une autre.

Puis non loin de là, j’ai vu un poisson énorme.

Il y avait clairement beaucoup de carpes sur le poste Peg 5 et je savais désormais que ça allait se passer ici. Une fois Josh parti, je me suis dépêché pour m’installer.

Il y avait là une opportunité en or que je ne pouvais pas la laisser passer !

Mon plan était de rester au moins quelques heures, et peut-être même la nuit.

Un jour de chance… de SIMON CROW | CARP LSD LE MAGAZINE 100% CARPE

La fine bruine s’est transformée en pluie torrentielle lorsque j’ai installé mon camp, mais les carpes étaient toujours en train de faire leurs acrobaties devant moi.

N’ayant jamais pêché dans le lac auparavant, je n’avais aucune idée des spots, sauf que je pouvais voir qu’il y avait beaucoup d’herbe.

Jeter dans le « no man’s land » aurait été un gâchis, alors j’ai sorti à contrecœur la canne marqueur pour voir si je pouvais trouver quelques spots propres à pêcher.

Les poissons se montraient principalement à plus de 60 mètres de distance, alors j’ai effectué une dizaine de lancers à 50 mètres pour avoir une idée de comment les herbiers y occupaient l’espace et en espérant ne rien effrayer.

Le lac était occupé par pas mal de carpistes, donc cela valait la peine de faire quelques lancers, juste pour être sûr que je présenterais bien mes lignes plutôt que de perdre mon temps.

Après seulement quelques lancers, j’ai senti un bon « tok », ce qui était parfait pour ma canne de gauche.

Pour la canne de droite, j’avais besoin de quelques lancers supplémentaires, mais encore une fois, il n’a pas fallu longtemps pour trouver un endroit propre et dur.

Cet endroit était un peu plus proche que celui de ma canne de gauche et pas trop loin de l’endroit où j’avais vu un très gros poisson plus tôt.

Les autres carpes se montraient assez près de cet endroit aussi, et j’avais hâte de sortir une canne.

J’avais ce sentiment de sixième sens que je ressens parfois. Cela n’arrive pas très souvent et généralement qu’au printemps, quand je sais que mon timing est parfait.

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La pluie a continué à tomber abondamment. Il y en avait tellement que de grosses flaques commençaient à se former tout autour de mon poste.

Heureusement, j’avais installé mon bivouac sur une zone légèrement surélevée, ce qui m’offrait un endroit confortable pour échapper aux intempéries.

Je pouvais déjà sentir l’humidité traverser mes vêtements, mais je ne semblais pas m’en soucier, car j’étais en mode « pilote automatique » pour bien positionner mes lignes.

Ce n’était pas le moment de trop amorcer et je n’avais pas besoin de beaucoup de lancers pour mettre les lignes en place.

J’avais déjà marqué chaque endroit avec mes « distance sticks » et pour la direction, je me servais des arbres situés sur la berge d’en face.

Je me suis ensuite servi du spomb pour mettre un peu d’amorce, uniquement pour obtenir une certaine attraction autour de mes montages.

Il n’y avait rien d’extraordinaire dans mon approche, juste un simple bas de ligne tressé, noué avec un nœud sans nœud, un aligneur de ligne et un hameçon Armorok taille 6.

Je l’ai esché d’un bonhomme de neige. J’ai coupé un peu le dessus pour le faire couler très doucement, en le testant en bordure avant de lancer.

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Il était juste 11 heures passées lorsque les deux lignes furent en place, je pouvais enfin me mettre un peu à l’abri de la pluie.

Les carpes se montraient encore régulièrement devant moi. Je ne pense pas m’être senti déjà aussi confiant pour une touche.

Un interrupteur avait été actionné et le lac semblait être sur « on » ! J’ai enlevé ma veste trempée et j’ai commencé à m’organiser, mais je n’ai même pas eu l’occasion de me faire un café que la canne de droit était déjà partie et j’ai ferré ma première carpe de Farriers !

Elle s’est bien battue dès le départ, prenant du fil en partant à gauche et à droite.

Un poisson décent a sauté juste au-dessus à un moment donné, montrant exactement dans quel genre d’humeur ils étaient.

Après quelques moments chauds dans les herbiers, j’ai eu un premier aperçu du poisson. Il ressemblait bien à un trente-plus.

Quelques instants plus tard, il était dans le filet à 33lb. Cela valait vraiment la peine d’avoir sorti les cannes pour la journée.

Après avoir vu tant de superbes photos et vidéos de carpes de Farriers, j’étais ravi d’en attraper une lors de ma toute première session.

Il y a tellement de superbes poissons à Farriers aujourd’hui, le lac fait partie des meilleures eaux à carpes du Royaume-Uni. C’est pourquoi les permis (limités en nombre) sont si recherchés.

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C’est fou à quel point Farriers s’est développé, et cela témoigne du travail acharné que tant de gars y ont consacré.

Un homme qui a certainement besoin d’éloges ici est Brian Sefton, l’ancien directeur des pêches.

Brian a aleviné le lac, il y a plus de vingt ans. Les poissons ont été livrés par quelqu’un qu’il connaissait. Il n’y a pas eu de processus de sélection, ils étaient tous petits et il les a simplement déversés dans le lac.

Je faisais partie du conseil d’administration de la Carp Société à l’époque et je m’en souviens bien, car j’étais l’un de ceux qui l’ont critiqué pour cela, et chaque fois que je croise Brian sur les salons aujourd’hui, il a un grand plaisir à me rappeler à quel point ces carpes vont bien maintenant !

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Ayant attrapé la commune de 33lb, j’ai décidé de filmer un peu sur le poste.

Une partie de mon travail pour Avid Carp consiste à créer des blogs vidéo sur une base mensuelle. La pluie commençait enfin à s’atténuer, ce qui m’a donné l’occasion parfaite.

J’ai filmé sous toutes sortes d’angles depuis mon poste afin de bien pouvoir transmettre l’ambiance particulière de cet endroit.

Une heure s’était écoulée quand je pensais avoir filmé tout ce dont j’avais besoin.

Je venais juste d’éteindre l’appareil photo après avoir pris quelques photos des cannes, lorsque celle de droite a bipé plusieurs fois et que la ligne s’est tendue !

C’était une touche assez bizarre et lente qui m’a d’abord fait penser à une tanche.

En pliant la canne, j’ai tout de suite compris que ce n’était pas une tanche. C’était très certainement une carpe et je la sentais beaucoup plus grosse que la première !

Le poisson a viré lentement vers la droite, me prenant régulièrement du fil. Il est ensuite allé à gauche avec une telle puissance que j’ai tout de suite su que c’était un très gros poisson.

Petit à petit et très lentement, j’ai commencé à récupérer du fil. La canne était dans une bonne courbe et ce qui se trouvait à l’autre extrémité de la ligne ne voulait pas venir facilement.

Environ cinq minutes plus tard, la carpe n’était plus qu’à quelques longueurs de canne. C’est alors que j’ai aperçu un gros flanc sombre qui appartenait clairement à un très gros poisson.

Au fur et à mesure que je gagnais du fil, il se rapprochait de plus en plus du filet. En bordure, il n’y avait pratiquement pas d’eau, j’avais donc besoin de patauger sur plusieurs mètres pour la glisser dans l’épuisette. Il avait l’air énorme !

J’espérais que l’hameçon sans ardillon tiendrait alors que le poisson s’approchait de mon filet.

Il est entré dès la première tentative et quand je l’ai bien regardé, mes yeux ont failli sortir des orbites !

Là, devant moi, il y avait une très grosse commune !

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Mon vieil ami John Flewin était sur la berge en face et me regardait avec ses jumelles.

Il devait savoir que c’était un bon poisson. Il a envoyé un texto pour savoir ce que j’avais, mais je n’ai pas répondu avant d’avoir eu la chance de le peser à un énorme 48lb15 oz.

Je n’avais aucune idée de quel poisson il s’agissait, ni même des noms des plus gros résidents. J’étais seulement au lac pour prendre des photos. Il n’y avait pas de session planifiée jusqu’à ce que je voie ces poissons se manifester devant.

John a gentiment proposé de prendre les photos. Dès qu’il l’a vu, il a dit : « C’est Scar, le plus gros poisson du lac ! ».

Il pesait plus de cinquante livres l’an dernier !

Je ne savais pas quoi dire.

J’avais été extrêmement chanceux et c’était l’un de ces moments qui arrivent très rarement dans votre vie de pêcheur de carpe.

Habituellement, je dois insister un moment pour capturer les plus gros poissons, mais ici, j’ai pris la plus grosse pratiquement tout de suite.

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Les photos et le court-métrage ont été réalisés en quelques minutes. C’est la beauté d’avoir John sur le lac.

C’est un maître avec un appareil photo et les photos étaient parfaites. Il n’en avait pris que trois de chaque côté !

Ce n’est que lorsqu’il est parti que j’ai vraiment réalisé ce qui venait de m’arriver. Pendant un bon moment, je n’ai pas remis la canne. Je me suis juste assis là avec un grand sourire sur mon visage.

J’avais déjà décidé que j’allais rester pour la nuit. C’était une trop belle occasion.

Cependant, les poissons avaient maintenant cessé d’apparaître devant moi. C’était comme s’ils savaient que leur reine avait été capturée.

En un instant, le poste était devenu complètement stérile. La petite fenêtre d’opportunité était passée.

Avant de partir, Josh m’avait dit que c’était une meilleure eau de jour que de nuit.

Quand je me suis réveillé le lendemain matin avec des indicateurs sans vie et plus aucun signe de poisson sur ma zone de pêche, je n’ai pas traîné et j’ai vite plié.

J’avais bien fait de venir faire un tour ici hier. La chance m’avait rendu visite de la meilleure façon possible.

Je ne pouvais que m’excuser auprès des autres pêcheurs qui ciblaient ce poisson sans succès depuis un moment. C’était court et bon, et de loin l’une de mes petites sessions les plus mémorables.

Un grand merci à John pour avoir pris les photos et un grand merci à Tim Paisley et The Carp Society pour m’avoir permis de pêcher ce lac !

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