AppâtsTechniques & Stratégies

Détails complexes

de Simon Crow

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Cette fois-ci, Simon se penche sur les heures d’alimentation des gros poissons et sur la façon dont la découverte de détails complexes peut conduire à la capture de votre carpe cible.

Je passe beaucoup de temps à étudier les données de capture. Je le fais très souvent, car il y a toujours quelque chose à y gagner.

Là où cela a vraiment payé pour moi dans le passé, c’est avec ma gestion du temps. Jusqu’à ce que je rejoigne la firme Avid Carp en tant que pêcheur parrainé à temps plein en 2018, j’étais un employé de bureau qui pêchait principalement les nuits. La plupart du temps, j’arrivais au lac après le travail, vers 17 heures, je sortais les cannes, mangeais, puis je m’endormais, puis je pliais mes affaires et je quittais le lac à 8 heures environ.

Je répétais ceci aussi souvent que je pouvais chaque semaine. Quelque chose qui était donc très important pour moi, c’était de savoir que j’avais une chance d’attraper la carpe que je visais.

La plupart des pêcheurs veulent en savoir plus sur les montages et les appâts. C’est généralement la première question qui sort de leurs lèvres s’ils viennent vous visiter et savent que vous avez capturé un poisson en particulier.

Pour moi cependant, la chose que je veux surtout savoir, c’est à quelle heure un poisson s’est fait capturer.

C’est la première question que je pose lorsque je pêche un nouveau lac, car certaines carpes peuvent être très régulières quant à leurs phases d’alimentation, à tel point que vous pouvez régler votre montre sur leurs habitudes à la minute prêt.

Bien sûr, elles ne sont pas toutes comme ça, mais plus vous obtenez d’informations sur un lac et ses habitantes, plus vous pouvez déterminer le meilleur moment pour vous y rendre.

Évidemment, cela s’avère utile à savoir si vous êtes un pêcheur de nuit, car ce sera difficile de cibler une carpe qui se fait généralement prendre au milieu de la journée.

Je l’ai découvert avec une carpe appelée « Big C » du plan d’eau d’Emmotland dans le Yorkshire, en Angleterre.

Ce poisson n’a été attrapé que deux fois dans sa vie pendant les heures d’obscurité, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles je pense qu’il m’a fallu si longtemps pour l’attraper.

La plupart de ses captures se font de jour, un moment où j’étais surtout au travail.

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Simon avec une carpe appelée « Big C »…

Je suis aussi complet que possible dans mes recherches sur une carpe cible.

Je vais vérifier les captures sur les réseaux sociaux, en accordant une attention particulière à l’heure à laquelle une image est téléchargée, que ce soit la nuit ou le jour sur la photo, ainsi que toute autre information comme les commentaires des pêcheurs sur l’image.

Quand je travaillais chez Carp-Talk (un journal hebdomadaire de pêche à la carpe en Angleterre), j’avais l’habitude de faire passer les choses au niveau supérieur.

Chaque fois qu’une photo d’un poisson qui me plaisait était envoyée, je vérifiais l’heure et la date de la prise de l’image.

C’est facile à faire avec des appareils photo numériques, surtout si vous avez accès à Photoshop.

Vous cliquez simplement sur les détails de l’image et tout est là.

Vous pouvez également le faire avec certains téléchargements provenant de réseaux sociaux et de sites Web.

Sur un système d’exploitation Windows, vous cliquez avec le bouton droit de la souris lorsque le curseur se trouve sur une image, puis cliquez sur « Enregistrer sous ».

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Une fois que l’image est sur votre machine, vous pouvez faire toutes sortes de choses avec dans Photoshop. Bien sûr, il n’est pas toujours précis de déterminer l’heure de capture, car quelqu’un aurait pu conserver le poisson pendant quelques heures avant de prendre la photo.

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Exemple de données qu’on peut récupérer sur une image.

Un autre inconvénient est lorsque le pêcheur n’a pas réglé l’heure et la date sur l’appareil photo et qu’il est toujours dans le réglage d’usine.

Cela enregistre ensuite l’image de manière inexacte, dans la plupart des cas le 1er janvier s’il n’a pas été défini, ou une date qui semble complètement différente de l’image, comme juillet lorsqu’il y a de la neige au sol.

Si l’image a été manipulée, cela écrase également les détails, mais vous pouvez regarder plus en profondeur en cliquant avec le bouton droit sur l’image et en sélectionnant « Ouvrir avec », puis en choisissant bloc-notes.

Cela montre ensuite des lignes de codage, qui, bien que déroutantes à regarder, si vous regardez attentivement et faites défiler, parfois la date et l’heure par défaut de la photo a été prise et sur quel type d’appareil photo.

C’était une façon dont nous avions l’habitude d’attraper beaucoup de pêcheurs lorsqu’ils envoyaient des captures dans Carp-Talk et nous soupçonnions qu’ils mentaient dans les informations qu’ils fournissaient sur un rapport de capture.

Je sais que c’est lourd, mais croyez-moi, c’est un excellent moyen de découvrir des détails complexes qui peuvent vous aider à tirer le meilleur parti de votre temps.

Plus vous aurez de temps pour aller à la pêche, moins vous vous donnez évidemment la peine d’aller si loin dans vos investigations.

Quand je travaillais au bureau, chaque heure était importante pour moi et j’allais souvent à la pêche pour ne pêcher que quelques heures une fois que j’avais déterminé les meilleurs moments pour y être.

Je me souviens d’un hiver où j’allais à Emmotland pour pêcher deux heures chaque jour. Il m’a fallu près de quarante minutes de route pour y aller, donc ne pêcher que pendant une si courte période peut sembler un pari.

Cet hiver-là, cependant, j’ai attrapé près d’une trentaine de poissons dans le lac, souvent deux à chaque sortie, un sur chaque canne. Ce n’était pas seulement grâce à l’appât que j’utilisais, je pêchais surtout à chaque fois pile au bon moment.

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Connaître ce genre de détail m’a beaucoup aidé dans ma vie de pêcheur de carpes. Un exemple typique était lorsque je suis allé cibler deux carpes qui vivent dans un plan d’eau à Yorkshire.

Le lieu est assez secret, c’est pourquoi je ne le nommerai pas (bien qu’il soit si connu ici, tout le monde le sait). Il y a un permis de nuit et de jour disponible pour le lac mais la liste d’attente pour un permis de nuit est presque aussi longue qu’une vie.

C’est une eau d’un club donc elle doit permettre la pêche durant la journée, mais même cela a été rendu aussi difficile que cela puisse être pour les pêcheurs de carpes.

Vous êtes limité à une seule canne pour votre première année d’adhésion, à deux cannes la deuxième année, et ainsi de suite.

La première année où j’ai rejoint le club, je n’ai pas beaucoup pêché, essayant de trouver autant d’informations que possible.

La rumeur disait que vous aviez besoin d’un permis de nuit pour attraper des carpes car c’était une pure perte de temps de les pêcher durant la journée.

Plus j’interrogeais les détenteurs de permis de nuit sur leurs heures de capture, plus il devenait clair qu’il y avait souvent un pique d’activité en tout fin de nuit, et au lever du jour.

Les membres possédant une carte pour la journée pouvaient pêcher de 5h du matin à 22h le soir. Vivant à 35 minutes du lac et je me suis vite mis à me lever à 4 heures du matin pour m’y rendre quelques heures avant le travail.

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J’avais compris qu’un bon moment pour être là-bas était entre 5h et 9h30, ce qui me laissait trente minutes pour me rendre au travail à 10h.

Cela correspondait très bien à mon style de vie. Les premières sorties si tôt le matin ont été un peu pénibles, mais une fois que j’étais dans la routine, cela se passait très bien.

Il y avait deux grands miroirs dépassant les 40 livres que j’avais envie de prendre. Elles s’appelaient Trigga et Trio, ce dernier étant la plus grosse des deux.

C’étaient de vieux poissons de caractère, de vraies carpes anglaises avec un pedigree de premier ordre pour le nord de l’Angleterre.

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Une carpe appelée « Trigga »…

Il ne m’a pas fallu longtemps pour commencer à mettre du poisson sur le tapis, ce qui, bien que génial, a eu un effet double.

Étant un membre de jour pêchant seulement pendant quelques heures, il m’a été difficile de reprendre le poste où je venais de prendre des carpes à mon retour le lendemain.

Les gars avec le permis de nuit avaient un avantage certain à ce niveau, la plupart d’entre eux arrivant après le travail et y passant ensuite la nuit.

Pour contrer cela, j’ai dû améliorer mon jeu et j’ai donc décidé de faire deux voyages par jour au lac, un le matin avant le travail et un l’après-midi.

C’était l’avantage d’avoir des horaires flexibles au travail, tant que le travail était fait, je pouvais arriver et partir à ma guise.

La visite du matin au lac était évidemment celle où je sortais mes cannes à pêche, celle de l’après-midi étant fixée entre 16h et 22h.

En faisant en sorte d’arriver avant que les gars qui pêchent la nuit n’arrivent pour s’installer, je pouvais m’assurer d’avoir le poste que je voulais pour le lendemain matin. En gros, tous les soirs je restais assis là pendant six heures, jusqu’à la tombée de la nuit.

J’ai reçu quelques critiques de la part des autres pêcheurs pour occuper mon poste le soir, ce que je pouvais comprendre, mais c’était tout à fait autorisé selon le règlement officiel. Ils allaient toujours s’installer ailleurs, m’offrant l’occasion d’amorcer mon poste quand je partais.

Le poste n’était donc pas pêché la nuit et était préparé pour mon arrivée le matin.

La tactique a fonctionné à merveille. J’ai commencé à accumuler de belles prises avant le travail, un matin en capturant six poissons dans une phase folle de quatre heures.

Ce n’était pas le plus facile des lacs, donc j’étais absolument en effervescence. Ce n’était plus qu’une question de temps avant que je ne fasse les carpes pour lesquelles j’étais venu, et lorsque j’ai fait la première des deux, Trigga, en juin de cette année, je savais que l’autre allait tomber tôt ou tard aussi.

Deux mois plus tard, j’ai fait Trio, la reine du lac. Tout s’est déroulé comme je voulais et quand je repense à la façon dont j’ai pêché sur ce lac, je pense que c’était l’une des meilleures choses que j’ai faite dans ma carrière.

Je ne me souviens plus du nombre de carpes que j’ai empilés pendant ces quelques mois où j’ai pêché là-bas, et j’étais très satisfait de la façon dont tout s’est déroulé.

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Et voici « Trio »…

Inutile de dire que j’ai quitté ce plan d’eau avec des connaissances utiles en plus. Je savais que je pouvais utiliser la même tactique sur d’autres lacs.

Je suis allé pêcher quelques autres eaux de jour seulement et j’ai réussi, en calculant les meilleurs moments pour y être et en pêchant de courtes phases.

J’ai même appliqué cette tactique sur des lieux pour lesquels j’avais un permis de nuit et j’ai bien réussi en enlevant mes lignes la nuit lors des heures peu productives.

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Un autre exemple remarquable est lorsque j’ai pêché à Manton Old Lake, qui abrite l’une des carpes les plus prestigieuses du nord, appelée Arnie. Le lieu est géré par le légendaire pêcheur de brochet Neville Fickling et Arnie est un poisson que je voulais attraper depuis de nombreuses années.

J’avais refusé de le poursuivre pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, je savais que c’était un grand timide. Cette carpe ne se fait que rarement attraper.

Au maximum, elle sort deux fois par an, généralement une seule fois ou parfois pas du tout.

Ce n’est pas seulement cette raison qui m’a rebuté, c’est surtout parce qu’elle se prend surtout dans la journée.

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Manton Old Lake

J’avais trouvé autant d’informations que possible sur l’histoire d’Arnie, et cela a montrées qu’elle était surtout active en début d’après-midi.

Assez bizarrement, elle sortait le plus souvent en juillet et que très rarement durant les autres mois de l’année, et quasiment jamais au printemps.

J’étais arrivé à la conclusion que les meilleures chances de la toucher étaient vers 14 heures en juillet, ce qui rendait la tâche difficile pour moi à cause du travail.

En fin de compte, j’ai quand même décidé d’y aller car je manquais d’endroits pour pêcher près de chez moi à l’époque.

Mon permis a commencé le 1er avril. En fait, lors de ma première visite je ne suis pas resté car il n’y avait plus que deux postes de libres.

J’avais entendu dire que c’était un lac populaire, voyant souvent des gars occuper les mêmes postes pendant des semaines, avec des camping-cars et les caravanes qui étaient autorisés autour du lac.

La plupart des gars qui pêchaient comme ça étaient à la retraite, donc cela ne s’est pas avéré un trop gros problème car ils se déplaçaient rarement, ce qui signifiait que je pouvais me concentrer sur des postes particuliers.

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« Scaley » lors de ma première nuit de pêche sur le lac.

Je me sentais à l’aise à Manton, attrapant la carpe numéro deux connue sous le nom de Scaley à 37 livres lors de ma première nuit.

C’était tout ce dont j’avais besoin pour me lancer, et en un rien de temps, j’étais dans le bain et réglé comme une horloge.

J’arrivais après le travail, sortais les cannes, restais la nuit et partais le lendemain matin. Assez rapidement j’ai accumulé 48 captures de carpes dont j’étais vraiment content. La seule carpe qui manquait à ma liste était, évidemment, Arnie.

Je ne l’avais même pas vu, ce qui m’a laissé réfléchir comment je pouvais faire en sorte que le créneau de 14 heures puisse fonctionner pour moi.

C’était à mon avis la seule raison pour laquelle je ne l’avais pas encore attrapé.

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J’avais pris 48 carpes à Manton, sans voir le moindre signe d’Arnie…

Il n’y avait pas d’autre choix que de faire trois visites au lac chaque jour.

Je pliais à l’aube, j’allais au travail pendant quelques heures puis retournais à 13 heures pour quelques heures de pêche seulement, puis je retournais au travail pendant quelques heures, puis enfin encore retour au lac le soir.

C’était un peu fou tout ça, mais je voulais ce poisson dans mon album à tel point que j’ai fait de mon mieux pour que cela se produise.

En fin de compte, j’ai attrapé Arnie à 14 heures par une chaude après-midi de juillet, exactement au moment le plus favorable selon les statistiques.

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C’était bien plus qu’une simple coïncidence pour moi. Arnie était vulnérable à ce moment-là, et c’est vraiment le meilleur exemple que je puisse offrir de l’importance de prendre en compte des détails complexes tels que le moment précis de l’année et la plage horaire d’activité alimentaire lorsque vous ciblez une carpe en particulier.

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Finalement Arnie est quand même tombée, vers 14h au mois de juillet !

 

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