Appâts

Appâts à grosses carpes | Existent-ils vraiment ?

Simon Crow

-- ESPACE PARTENAIRE(S) --
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Quand j’étais jeune, je pensais tout savoir sur la pêche à la carpe. J’y repense et je ris parce qu’en réalité, je ne savais absolument rien par rapport à ce que je sais aujourd’hui. À titre d’exemple, je me souviens, quand j’avais environ 25 ans, avoir été un jour au bureau de Carp-Talk pour écouter Rod Hutchinson, Tim Paisley et Kevin Clifford parler d’appâts pour gros poissons. Ce jour-là, j’ai quitté le bâtiment en secouant la tête, me demandant de quoi ils parlaient.

Je me suis assis là, à écouter trois légendes en débat sur ce sujet. Tim était très impliqué dans la science dite HNV (appâts à haute valeur nutritive), tout comme Rod.

Je ne me souviens plus très bien de l’issue du débat, mais ce que j’ai retenu de cette journée, c’est que tous les trois ont convenu qu’il était possible que certains appâts capturent plus régulièrement de gros poissons.

Rod me montre le chemin…

J’étais à l’université à l’époque (étudiant en sciences halieutiques) et j’ai adoré écouter ce débat sur les appâts. Cependant, j’ai continué à me demander comment un appât pouvait sélectionner plus de gros poissons.

Je ne pouvais tout simplement pas l’intégrer, le comprendre et j’étais même très méprisant sur ce sujet. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai finies par travailler pour la société de Rod en tant que pêcheur sponsorisé.

Le grand Rod Hutchinson m’a convaincu qu’il existe des appâts à gros poissons, et il avait raison !

J’ai beaucoup pêché avec lui, et il a fini par avoir une énorme influence sur moi, surtout quand il s’agissait d’appât.

J’ai aujourd’hui des opinions très différentes sur les appâts pour gros poissons. Je suis convaincu qu’ils existent et tout ce dont je vais parler dans cet article vient de l’époque où j’ai pêché avec Rod. Il avait une façon passionnante de m’expliquer ses théories. Il aimait beaucoup comprendre la carpe et la nature, et moi j’ai toujours tenté de suivre cette même voie.

Pêche de rendement ou de spécimens ?

Selon les propres mots de Rod, cela se résumait à ceci : « Si tu veux attraper une grosse carpe, utilise un appât à base de farine de poisson. Si tu veux avoir beaucoup d’action et prendre plein de poissons, utilise des appâts fruités de couleur jaune. »

À ce jour, je continue de suivre cette ligne de pensée, car au fil des années, j’ai appris qu’il y a un monde de différence entre cibler les grosses carpes et simplement chercher à bien dérouler. Fondamentalement, il faut trancher en ce qui concerne vos objectifs. Si vous voulez attraper de gros poissons, vous devrez pêcher de façon totalement différente de celui qui n’est là que pour capturer beaucoup de poissons…

Pêche de rendement et pêche de gros poissons sont en fait deux pêches différentes !

Les grosses carpes sont normalement plus âgées que la plupart des petites carpes. Elles sont membres d’une classe d’âge différente. Les grosses carpes sont donc totalement différentes dans leur façon de vivre et de survivre. Plus une carpe est grosse, plus il lui est difficile de filtrer les aliments en suspension comme les daphnies, car son ouverture bronchique croît avec son corps.

Elle doit trouver de la nourriture d’une manière différente d’une carpe plus petite. Par exemple, il y a plusieurs années, un groupe de pêcheurs européens a trouvé des carpes mortes au célèbre lac français de St Cassien. L’un d’eux était un scientifique et il en a profité pour effectuer une autopsie. Il a constaté que les carpes plus âgées avaient les dents pharyngiennes très usées.

Cela venait du fait que depuis de nombreuses années ces grosses carpes se nourrissaient d’écrevisses à carapaces dures qui constituaient le régime alimentaire de base des carpes de Saint Cassien. Un article détaillé a été écrit sur ces découvertes dans un magazine étranger et il a été suggéré que c’était l’une des raisons pour lesquelles les grosses carpes âgées étaient plus faciles à capturer et à séduire avec des bouillettes.

Les goûts évoluent selon l’âge

Bien sûr, les lacs français sont différents de ceux du Royaume-Uni, mais ce que je viens de mentionner donne un bon aperçu de la différence entre les carpes plus vieilles / plus grandes et les plus jeunes / plus petites.

La seule question qui en découle est : est-il possible qu’une carpe plus âgée puisse être stimulée par certains ingrédients et/ou types particuliers d’appâts ? Certes, lorsque nous regardons d’autres espèces vivantes, cela suggère que ce soit le cas. Les humains changent avec l’âge.

Quand j’étais jeune, à l’école, il n’y avait peut-être qu’un seul enfant dans la classe qui appréciait des plats très épicés ou pimentés. Presque tous les enfants préféraient des aliments au goût plus doux. Aujourd’hui, ces mêmes enfants sont devenus des adultes et je suis sûr qu’il y en a pas mal qui apprécient maintenant les plats bien épicés ou pimentés.

En effet, nos préférences gustatives changent à mesure que nous vieillissons. Les besoins alimentaires d’une espèce changent également avec l’âge. C’est pourquoi nous avons des aliments pour bébés et adultes, chatons et chats, chiots et chiens, veaux et vaches, etc.

Les grosses carpes ont une appréciation du goût différente…

Les ingrédients utilisés dans les appâts à carpe modernes trouvent leur origine dans plusieurs industries différentes. Il s’agit notamment des industries de la confiserie, de l’aquaculture, de la santé et du bien-être, des céréales et du lait, pour n’en nommer que quelques-unes.

Ensemble, on parle d’industries qui font des milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année, et où des sommes d’argent colossales sont investies dans la recherche pour obtenir ou atteindre la meilleure qualité possible. Nous pouvons donc être sûrs que certains appâts à carpes sont fabriqués à partir d’ingrédients de qualité supérieure, surtout s’ils proviennent d’une entreprise qui consacre beaucoup de temps et de ressources à la recherche et au développement.

Certes, les plus grandes entreprises se donnent beaucoup de mal pour concevoir de nouveaux appâts. Ils ne se contentent pas de faire les choses au hasard. Ils travaillent avec des scientifiques pour étudier le comportement des carpes, effectuent des tests dans les aquariums et bassins, ainsi que sur des vrais plans d’eau.

Certaines appâts sortent vraiment du lot quand il s’agit de bien cibler les gros spécimens.

Des appâts qui sortent du lot

Au cours des années où j’ai travaillé chez Carp-Talk (24 ans au total), j’ai dû traiter des dizaines de milliers de rapports de capture. Cela m’a donné un bon aperçu des tendances qui se sont produites à chaque fois qu’un appât hors du commun arrivait sur le marché.

J’ai vu tellement d’appâts arriver et disparaître, c’est dur de se souvenir de tous. Ce dont je me souviens cependant, c’est de l’époque où des appâts à carpes vraiment exceptionnels dominaient l’actualité. Il y avait des appâts qui sortaient du lot.

Je ne parle pas de certaines bonnes bouillettes ici, non, je parle des appâts qui ont permis de multiples captures de grosses carpes très difficiles qui habituellement n’étaient que très rarement, voire quasiment jamais capturées.

Pendant les années où j’ai travaillé chez Carp-Talk, il y avait des tendances précises avec certains appâts.

Certains des appâts les plus mémorables datent du milieu des années 1990, par exemple les Nashbait Squid et les Mainline Grange qui dominaient largement sur les autres. Puis ce fut le tour de Nutrabaits Trigga, Solar ​​Club Mix et Rod Hutchinson MC Mix.

Ces appâts sont devenus légendaires non seulement à cause de leur succès commercial, mais parce qu’ils ont prouvé constamment à quel point ils étaient capables de capturer de gros poissons. Il y avait quelque chose dans ces appâts que les grosses carpes aimaient, et il suffit de feuilleter les anciennes Carp-Talk pour le constater par vous-même.

Avant les autres

Bien sûr, il n’est pas possible de fabriquer un appât qui ne capture que les grosses carpes. Il y aura toujours quelques petites carpes voraces qui se jettent sur tout et n’importe quoi. Elles sont les mêmes que ce gamin de la classe qui aimait les plats bien épicés. Cependant, j’espère avoir expliqué certaines des théories simples de Rod d’une manière qui montre qu’il existe un lien entre le choix des appâts et les gros poissons.

Une bouillette à base de farine de poisson est un bon point de départ.

L’utilisation d’un appât à base de farine de poisson est un bon point de départ. Il serait également très avantageux de pouvoir pêcher avec un nouvel appât bien avant tous les autres. C’est là qu’avoir du relationnel pour avoir les premières infos sur une nouveauté, ou le fait de travailler étroitement avec un fabricant d’appâts, offre certains avantages.

J’ai réalisé l’une de mes meilleures années de pêche en 2015 lorsque j’ai été parmi les premiers à avoir accès à un nouvel appât. Sur un laps de temps de douze mois, j’ai attrapé le plus gros poisson dans sept eaux différentes. L’un d’eux était un poisson connu sous le nom de Four-by-Four de Church Lake dans l’Essex.

Gros poissons britanniques

A mon arrivée, le lac était calme avec une surface lisse comme un miroir, c’était magnifique. Il commençait à peine à produire des poissons aussi, ce qui était encourageant. J’avais la possibilité de m’installer à chaque extrémité, mais j’ai fini par choisir celle que je connaissais le mieux, la partie située à droite du lodge, un poste connu sous le nom de Reedy Bay.

Je l’avais pêché à quelques reprises auparavant et j’avais assez bien réussi près des roseaux. C’était une zone de tenue connue et avec la météo annonçant des bruines légères et des journées chaudes, je m’attendais à avoir de l’action.

Lever du soleil sur le magnifique Church Lake dans l’Essex.

 

L’atmosphère était électrique. La bruine légère a continué pendant 24 heures et j’ai commencé la session en capturant quelques superbes poissons. Ceux-ci incluaient plusieurs 30 livres, dont l’une des superbes fullys et l’une des plus grosses miroirs connues sous le nom de Penny Scale à 48lb.

Puis soudain le lac s’est mis sur off jusqu’au dernier jour de ma session. Cette dernière journée j’étais debout bien avant l’aube pour voir si je pouvais observer des poissons quelque part. Mais rien n’a cassé la surface à part quelques nuages de bulles qui montaient sur la zone où j’avais attrapé Penny Scale.

Je m’attendais à ce que quelque chose se produise sur cette ligne d’une minute à l’autre. Celle pour laquelle j’avais le moins d’espoir pêchait le plateau de l’île car elle était stérile depuis le début, je n’y avais vu aucune activité ces derniers jours.

Penny Scale…

Vers midi, rien ne s’était produit et je me dirigeai vers les roseaux pour chercher du poisson. C’était clair comme l’eau du robinet à mon arrivée, et comme je m’y attendais, il n’y avait rien à voir. En revenant vers mes cannes, j’ai eu un seul bip sur celle qui pêchait vers l’île.

J’ai couru les derniers mètres pour voir le hanger retomber et une foulque s’enfuir à travers le lac. Honnêtement, je pensais que c’était cet oiseau qui avait touché le fil. J’ai regardé la canne qui pêchait depuis 48 heures et je me suis demandé si je devais la bouger, tout en sachant qu’elle était encore pêchante.

Puis le hanger est descendu plus bas encore, alors j’ai attrapé la canne et c’était le début du combat avec le plus gros poisson du lac !

Après une bataille à travers les herbiers, une quinzaine de minutes plus tard, je n’avais encore aucune idée de la taille du poisson. Je ne l’ai pas aperçu avant qu’il ne roule sur ma droite et c’est là que j’ai compris que c’était un big fish. Ce n’est que lorsque je l’ai eu dans le filet que j’ai réalisé qu’il s’agissait du Four-by-Four.

C’était sa première capture en six mois et elle pesait 56lb12oz (25,800kg), ce qui était un nouveau record personnel britannique pour moi !

La superbe Four-by-Four, ma plus grosse carpe britannique à ce jour à 56 lb 12 oz.

Pour continuer la série de gros poissons britanniques, quelques mois plus tard, j’ai capturé l’une des plus grosses communes du Royaume-Uni connu sous le nom Kitch sur le lac Northey Park sur le même appât. C’était une autre session de folie lorsque les tempêtes ont balayé le Royaume-Uni.

Je suis arrivé sur un lac vide un dimanche soir et je me suis installé sur le poste le plus pratique connu sous le nom Last Stop, qui était réputé être l’un des meilleurs postes sur ce lac de 4ha.

Après une installation rapide et une première nuit stérile, au petit matin quelques bips sur ma canne de droite me réveillent. J’étais dessus en un éclair juste au moment où le hanger commençait à remonter après avoir descendu un peu. J’ai saisi la canne et immédiatement senti le merveilleux coup de tête d’une carpe au bout de ma ligne.

Elle filait droit dans un buisson en bordure. La carpe n’a pas fait grande chose et le combat n’a pas duré longtemps. Elle a donné plusieurs coups de tête avant de se bloquer dans un herbier massif. J’envisageai d’aller la chercher en bateau, mais avant de le faire, je remis la canne sur les piques pour voir si elle allait se libérer toute seule.

Rien ne s’est produit pendant quelques minutes à part de grosses bulles qui par moments remontaient en surface à l’endroit où la carpe était coincée. Puis, soudain, le scion de la canne a bougé, indiquant que le poisson s’était libéré de l’herbier. Alors j’ai pris la canne et j’ai pompé.

Le poste appelé « Last Stop Swim » sur le lac de Northey Park.

M’attendant à sentir une carpe en colère voulant s’éloigner, à ma grande surprise, je ne sentais qu’un poids mort. Rien ne bougeait et je me demandais même si le poisson était encore au bout alors que je ramenais un sacré paquet d’herbes.

J’ai attrapé l’épuisette et j’ai sauté dans l’eau au cas où il y aurait encore le poisson, mais honnêtement, je pensais que tout était perdu. Puis, à seulement deux mètres de distance au moment où je mettais le filet en position, j’ai aperçu quelques écailles. J’ai poussé le filet en avant et j’ai tiré l’herbe par-dessus la corde avant de soulever le triangle.

En tirant l’épuisette vers moi j’ai été surpris de sentir un poids très important. Puis j’ai vu une très grosse queue d’une grosse commune qui avait du mal à rentrer dans le filet !

Kitch à 47 lb 8 oz.

Étant fin juillet, je m’attendais à ce qu’elle soit bien moins lourde qu’à sa dernière capture à 51lb, mais à 47lb8oz, ça restait un très gros poisson pour moi !

J’étais carrément sur la Lune avec cette capture ! Mon succès s’est poursuivi et en plus des poissons comme Four-by-Four et Kitch, au cours de ces douze mois spéciaux, j’ai également capturé ma première 80 livres d’Echo Pool en France, une 40 livres appelée Starburst d’un syndicat du Lincolnshire, le plus gros poisson appelé Hélicoptère de Hoggs Pond dans le North Yorkshire, la toute première 30 livres du réservoir de 40ha de Naseby, le Big Common de Church Lake à 50lb10oz, ainsi que la superbe Eric’s Common de Rainbow Lake à son nouveau poids record de 86lb8oz (39,200kg).

Une 37,7 kg à Echo Pool…

 

Si les saisons de pêche à la carpe étaient des bières, la mienne cette année-là était définitivement une Carlsberg ! Et si cette série de poissons ne suffit pas à vous convaincre que des appâts à grosses carpes existent, eh bien je ne sais pas quoi vous dire d’autre. J’étais naïf de ne pas y croire quand j’étais plus jeune, mais j’en sais bien plus aujourd’hui sur le comportement et l’alimentation des grosses carpes.

J’utilise maintenant les meilleurs appâts que je puisse à chaque fois que je suis à la recherche d’un gros poisson.

La célèbre « Eric’s Common » à Curton, à 39,2 kg…

 

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