Culture Carpe

L’histoire du montage au cheveu

Une façon d’escher révolutionnaire !

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Une façon d’escher révolutionnaire !
L’histoire du montage au cheveu
Fabrice Duhamel

 

Février 1982 : le numéro 441 du magazine « La Pêche et les Poissons » vient de paraître. Un article retient l’attention des pêcheurs de carpe de l’époque. Il s’intitule « Un cheveu pour la carpe ». Cela sera, en réalité, les prémices de l’arrivée de la pêche moderne de la carpe en France…

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Couverture de « La Pêche et les Poissons » numéro 441 de février 1982.

 

La révélation d’outre-Manche 

C’est un autre article publié dans la revue britannique « Coarse Angler », paru en novembre 1981, qui avait poussé l’excellent mais regretté Henri Limouzin à dévoiler aux pêcheurs français une méthode d’eschage « révolutionnaire » pour leurrer les carpes.

Cet article anglais écrit par Lenny Middleton dévoilait un secret gardé depuis 1978. En effet, devant le succès de Len et Kevin Maddocks à la pêche, beaucoup de pêcheurs de carpes les espionnaient pour savoir comment ils parvenaient à attraper autant de poissons. Cette tension avait poussé Lenny à dévoiler leur découverte : le montage au cheveu. Kevin M. en avait également parlé dans son livre « Carp Fever ».

Henry Limouzin affirmait alors, dans son article, comment Lenny en était venu à mettre en place un système original pour fixer les esches. En effet, dans « Coarse Angler », L. Middelton expliquait avoir vu à maintes reprises les carpes nettoyer totalement la zone amorcée et ne laisser que l’appât piégé.

Après avoir placé des carpeaux dans son bassin (un gros aquarium, selon Kevin Maddocks dans son livre Carp Fever), il pouvait les observer. Il en déduisit que les carpes n’étaient pas inquiètes par les grains de maïs enfilés sur l’hameçon (sans bas de ligne) mais fuyaient en revanche lorsque l’hameçon était relié à un nylon.

Les tests avec différents matériaux de bas de ligne montraient le même résultat. Lenny se posa la question de la nécessité de placer une esche directement sur l’hameçon.

Il décida alors de relier le maïs à l’hameçon par un de ses propres cheveux, car il n’avait pas de fil aussi fin sous la main. Il avait fait le test avec une longueur de cheveu de 2,5 cm, estimant que la distance entre les lèvres et les dents pharyngiennes de ses carpes était de trois centimètres.

L’expérience fut concluante car les carpeaux avaient aspiré le grain de maïs piégé sans aucune réticence.

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L’article de Henri Limouzin dévoilant aux Français le montage au cheveu.

Mise en pratique 

Lors d’une partie de pêche, Lenny avait esché ses deux montages de manière classique et avait eu quelques touches sans suite. Il décida alors de relever une de ses deux lignes pour tester le fameux cheveu.

Peu de temps lui fallut pour avoir un « vrai » départ sur cette ligne.
A la fin de la journée, Len Middelton comptait trois carpes prises sur cette canne tandis que sur l’autre, il n’y avait eu que des « tapes » ou des petites tirées…

Après de nombreux essais sur différents plans d’eau, l’efficacité du montage au cheveu était évidente. Mais le problème rencontré était la fragilité du système. Le cheveu humain fut alors plus tard remplacé par un fil de nylon de 8/100.

Une invention anglaise ? Vraiment ? 

Après avoir raconté cette histoire, Henri Limouzin nous explique qu’à la rédaction de « La Pêche et les Poissons » tout le monde était sidéré par l’ingéniosité de la découverte.

Mais l’un d’entre eux s’était souvenu d’un article de Michel Duborgel publié dans la revue « Toute la Pêche » de novembre 1965 (numéro 42) où il révélait un montage identique imaginé par un certain M. Cugniet. Ce dernier utilisait ce subterfuge pour pêcher la tanche au ver de terre.

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La revue « Toute la Pêche » numéro 42 de novembre 1965 dévoilait déjà un montage similaire !

Je rajouterai même que cela date de plus longtemps encore. Dans le livre « La carpe de rivière » du Docteur Ernest Sexe, publié en 1937, un paragraphe indique la méthode pour escher un appât dur, un morceau de pain de chènevis en l’occurrence.

Comme il était impossible de l’enfiler sur l’hameçon, le Docteur Sexe donnait l’astuce de ligaturer l’appât avec du fil et le relier à l’hameçon. Certes, ce n’était pas dans le but de tromper la méfiance des carpes mais le principe est là.

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Dans son livre « La carpe de rivière », le Docteur Ernest Sexe donnait cette astuce pour escher des appâts durs…

 

Henri Limouzin a joué un rôle très important dans le développement de la pêche de la carpe en France. En effet, après nous avoir dévoilé le montage au cheveu dans cet article, il écrivit trois ans plus tard son article légendaire sur les techniques modernes de pêche de la carpe.

C’est précisément ce reportage qui a déclenché une grande passion, voire même une obsession chez de nombreux pêcheurs, encore passionnés actuellement !

Merci Monsieur Limouzin !

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Henri Limouzin a joué un grand rôle dans l’évolution de la pêche de la carpe en France au travers de ses écrits.

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