Techniques & Stratégies

CALME HIVERNAL

Écrit par Étienne Gebel | Traduit par Robert Gaessler

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Mon chauffage s’enclenche tout d’un coup. Il est 19 h un vendredi soir. Deux heures auparavant, je travaillais encore et j’étais dans le bruit des machines. Maintenant, je me retrouve dans le calme de mon biwy. Je porte des grosses chaussettes et des habits de rechange.

En fait j’étais complètement mouillé lors de l’installation de mon campement. Porter des vêtements chauds est très agréable. La chaleur transperce lentement mon corps fatigué.

Un café à la main, j’observe. J’ai positionné mes cannes dans des profondeurs de 7 à 9 mètres. J’ai amorcé avec des petits pellets dans un sac soluble. Le peu d’amorces va forcément attirer les poissons directement vers mes esches. La journée a été rude, et en hiver lorsqu’il faut encore installer tout son attirail dans le crépuscule, cela devient très astreignant.

Je n’ai plus 20 ans ! Je me dis que je pourrais tranquillement être chez moi dans une pièce chaude à jouer aux petites voitures avec mes deux fils. Mais c’est sans compter sur la fièvre de la pêche à la carpe qui m’habite.

Je ne peux m’empêcher d’aller au bord de l’eau pour vivre ces instants, quelle que soit la saison. C’est une drogue !

Le plan d’eau que je cible fait 8 hectares. C’est la taille parfaite pour échafauder mon plan d’action. Je suis seul au bord de l’eau. Pas un « chat » à l’horizon. Tout semble désert. Il y a encore quelques semaines, le plan d’eau était animé, et là plus rien.

Aucun gazouillis d’oiseaux, aucun promeneur, aucun aboiement de chien, pas un bruit de voiture. Juste le bruit du vent. Nous sommes en janvier et c’est l’hiver dans toute sa splendeur.

C’est la raison principale pour laquelle je vais à la pêche. Tout est au ralenti. J’aime le calme. J’aime les carpes d’hiver avec leur robe dorée, leur mucus épais formé pour les protéger des parasites. Vous aussi vous aimez cela ? Si oui, je vais vous montrer comment vous pouvez déjouer la méfiance des poissons au cœur de l’hiver.

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Choix des postes et des plans d’eau

Je conseille à tout pêcheur qui souhaite se lancer dans la pêche hivernale, de cibler des eaux de taille raisonnable avec une bonne densité de poissons. Ne commencez pas votre campagne hivernale trop tard.

Il est même recommandé de pêcher ce plan d’eau toute l’année, et de commencer au plus tard en automne. Une fois entré dans hiver, il sera trop tard ! Votre motivation peut très vite être entamée après trois week-ends de capot sur un poste où il n’y avait pas de poisson. Vous cherchez un plan d’eau d’hiver et un poste prenant ?

Ciblez un plan d’eau de 1.5 hectares avec 50 sujets et pas plus éloigné de 20 min de votre domicile afin de pouvoir aussi pêcher votre poste en journée. Ceci au cas où votre épouse ne vous laisse pas pratiquer votre loisir la nuit !

Vous connaissez un poste qui réponde à ces critères ? Parfait. C’est une bonne base de départ.

Connaître son terrain de jeu est un avantage certain. Commencer à pêcher sur un plan d’eau inconnu n’est pas la meilleure solution à mon avis. Les poissons se nourrissent sur des secteurs très précis et très ciblés et sont peu actifs. Parfois, l’activité ne durent que 10 min voire moins sur un laps de temps de 24 h.

Toutes les infos que vous avez rassemblées sur les lieux, que ce soit les fonds et leur nature peuvent vous guider vers les poissons. Observez le soleil par exemple. Une bordure balayée par ce dernier toute la journée pourra s’avérer productive. Les endroits non exposés au soleil sont toujours plus frais et les herbiers ne sèchent pas. Ces spots ne sont pas mes spots de prédilection en hiver.

Je tente plutôt ma chance au ras de roseaux, où sur des plateaux de 3 à 5 m qui donnent sur une profondeur de 8 m. Les être vivants ont besoin de la lumière du jour et il en va de même pour la carpe.

Un arbre surplombant l’eau est aussi un poste de premier choix. Les carpes en hiver ont besoin d’un « toit » sur la tête, un abri, une zone de sécurité, de calme et de nourriture facile. Tentez votre chance sur un spot comme celui-ci.

En revanche, ne prenez pas de risque et pêchez de manière sécurisée au bord des obstacles. En pêchant en face de l’obstacle, on peut exercer une contre-pression. Ne pêchez pas non plus ces spots à risque la nuit, le temps que vous sortiez du biwy, le poisson aura rejoint les obstacles.

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Utilisez aussi une tête de ligne solide de 50 à 60/100. J’ai capturé de nombreuses carpes en hiver devant ce type d’obstacles. Ceci dit, même si vous avez trouvé un spot qui ressemble à celui décrit plus haut, il n’est pas certain que vous preniez du poisson.

Préparez-vous toujours à l’échec, ceci évite des désillusions. Comme dit mon ami Uwe « il y a toujours un poisson à prendre et à la pêche tout est possible alors que dans son canapé, il est impossible de prendre un poisson ».

Si vous êtes certains que les poissons passent l’hiver sur votre spot amorcez de manière régulière des petites quantités d’appâts pour les occuper et les garder actifs. Par petite quantité, je veux dire une poignée de bouillettes, à savoir 20 à 30 billes de 15 mm éparpillées sur un rayon de 15 m. Ceci pour occuper davantage les poissons.

Les bateaux sont autorisés sur votre plan d’eau ? C’est un plus indéniable en hiver. Vous pouvez pêcher des postes souvent peu accessibles. Les meilleurs postes sont toujours ceux que l’on ne peut pas atteindre.

Votre poste est composé d’un arbre immergé dans l’eau de surcroît baigné par le soleil ? Ou encore une cassure de 3 à 9 m ? Placez-y une ligne…

En hiver, soyez toujours sur le qui-vive. Je me souviens d’un plan d’eau que j’avais pêché en hiver sans grand succès. 4 week-ends consécutifs avec des vents, de la neige et j’étais capot et dépité. J’essayais tout de même de me motiver coûte que coûte. Un samedi après midi vers 14 h, en février, une carpe de 20 livres brisa la surface de l’eau.

Le vent du sud soufflait fort, il faisait de 6 à 9 °C. J’ai placé une canne sur le saut. Une heure plus tard, le frein de mon Daiwa SS 3000 se mit à crisser. Une superbe carpe d’hiver. Une magnifique commune dorée de 20 livres.

Ce n’était que le début d’une longue série. Une heure plus tard mon Delkim s’emballa à nouveau. J’en ai déduit que les poissons s’étaient comme souvent en hiver rassemblés sur ce poste précis.

Les 4 semaines suivantes, j’ai capturé de nombreux poissons sur ce poste. Avec en prime, la cerise sur le gâteau avec un poisson jaune de 30 livres. On oublie vite les doigts gelés dans ces circonstances.

Pourtant le poste où avait sauté le poisson était juste 30 m à côté de celui que je pêchais. Pourquoi était-il si productif ? La profondeur était de 3 m, un peu comme sur tout le plan d’eau.

Je suis donc sorti en bateau pour en avoir le cœur net. Au fond je pus apercevoir la cime d’un vieux peuplier immergé. Les poissons avaient trouvé un abri dans ce plan d’eau. Un toit comme je l’avais précisé plus haut.

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Tout ça pour ça !

De retour sur la berge, j’avais du mal à dormir. Le vent s’intensifiait. La météo annonçait de la neige pour la nuit. Je me suis réveillé en sursaut à 2h30 du matin. J’avais juste rêvé que mon Delkim sonnait. Fausse alerte.

Il neigeait maintenant et le vent était très soutenu. En ouvrant la porte du bivvy je pus me rendre compte que c’était bien l’hiver. Je retournai dans mon bivvy, content d’avoir du chauffage. Vers 8 h du matin, je me réveillais lentement.

Il faisait encore bien sombre. Je déteste ce temps. Tout en me réchauffant avec un bon café, j’attendais avec impatience une touche. Malheureusement rien ne se passa. Il était presque 11h et il fallait remballer.

Vers midi, je claquai le coffre de ma voiture de rage. La pêche de la carpe en hiver semble avoir entamé ma motivation. J’étais furieux. Encore une semaine à attendre avant de retourner au bord de l’eau.

De retour à la maison, et après une bonne douche chaude, j’échafaudais déjà des stratégies pour la prochaine session. Tous les malheurs étaient oubliés et la soif de pêcher était à nouveau revenue. La semaine prochaine, j’y retournerai pêcher c’est certain. J’espère que ça va mordre…

Astuces d’hiver

  • En hiver, je pêche beaucoup en journée. J’opte pour des plans d’eau de taille réduite pour être plus près des poissons !

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  • En hiver, il faut rester calme. Il y a moins de monde sur les berges et les poissons sont donc plus craintifs ou attentifs aux bruits. Les bruits sont perceptibles de loin. Ne marchez pas à pas lourds sur du gravier.

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  • Emportez des boissons chaudes des habits chauds pour votre confort. Les pieds doivent être au sec, le coca est à proscrire. Le temps d’attente est bien plus long. Misez sur le confort.

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  • Cherchez les poissons. Ils ne viendront pas à vous. Équipez une canne chercheuse d’un chod rig et d’une pop-up.

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  • Vous ne pouvez pas pêcher la nuit ? J’ai souvent pris des poissons de jour en hiver. On ne prend des poissons que lorsqu’on est au bord de l’eau !

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  • Un appât et un sac soluble peut séduire une carpe en hiver et l’inciter à se saisir de votre appât.

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  • Les poissons trouvés, amorcez légèrement de manière constante et régulière. Les poissons resteront en activité. Attention aux quantités. Une poignée de bouillettes peut suffire pour deux jours de pêche.

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