Techniques & Stratégies

Avec un peu de chance…

Ernesto Camminga

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Même si le pourquoi du comment ne s’explique pas toujours, il faut parfois se contenter de pouvoir en tirer avantage ! Il n’est pas toujours possible d’anticiper le facteur chance !

Certaines choses me préoccupent. Ce sont les fantasmes de mes pensées qui comme des brins entrelacés astucieusement sont presque impossibles à démêler.

Cela me permet de rester précis et concentré, le pourquoi ne trouve pas toujours une réponse. Pour être honnête, j’ai du mal avec ça, cela ne dit rien sur la pêche elle-même, juste quelques choses sur mon cerveau analytique qui a du mal à gérer certaines choses.

Mais j’ai appris à voir cela comme quelque chose de positif. Vous pouvez le déguster et l’apprécier et en profiter en tant que pêcheur ! Réfuter cela est une autre chose, même si c’est quelque chose que je fais naturellement.

C’est ce qui rend la pêche de la carpe si unique, si intéressante. C’est un stimulus sans schéma ni rythme.

C’est un stimulus que j’adore et qui me pousse à continuer à pêcher les carpes, toujours les carpes…

Bien sûr, je peux en parler facilement, simplement parce que je fais les bons choix plus rapidement grâce à l’expérience. Mais ne vous y trompez pas, plus vous en savez, plus vous n’en savez rien, parce qu’il y a toujours plus de détails qui vont ressortir.

Dans cet article, je vous emmène sur une eau avec des herbiers, des obstacles et de belles carpes. Si vous lisez attentivement, vous trouverez les conseils entre les lignes. Et si vous voulez simplement vous inspirer d’une belle histoire, alors c’est aussi très bien !

Avec un peu de chance…
Un pêcheur de carpes se pose en permanence plein de questions car dans la nature rien n’est jamais noir ou blanc, il y a toujours une grande zone grise.

Observation

Il est déjà assez tard quand j’arrive au bord de l’eau. Je ne suis pas sûr de quel poste je dois choisir, j’hésite.

C’est la raison pour laquelle j’attends un peu avant de trancher.

Depuis l’endroit où je me trouve, je peux voir pratiquement tout le plan d’eau. Lorsque mes yeux glissent sur l’eau, mon esprit vagabonde.

Où pourrai-je m’installer ?

Les nombreux herbiers qui par endroits montent à plus de trois mètres de haut sont un problème. Finalement le poste que j’avais en tête ne me plaît pas.

Le vent ne souffle pas dans le bon sens et quelque chose me dit que les poissons sont ailleurs. Je sursaute de mes pensées, je dois me bouger avant qu’il ne fasse noir.

Je suis en conflit avec moi-même.

Où dois-je pêcher ?

Je m’efforce de grimper dans un arbre. Je monte de plus en plus haut. Avec ma jambe droite, je repousse une branche qui bloque ma vue.

Non pas que j’aie une vue claire maintenant, mais c’est suffisant pour augmenter mon champ de vision.

L’eau est claire, transparente comme l’eau du robinet. Là où s’est dégagé je peux voir le fond jusqu’à 6 mètres de profondeur.

Avec un peu de chance…
À certains endroits la zone de bordure est pleine d’obstacles. Avec mes waders j’arrive tout juste à les contourner.

Celui qui sème récolte

Il y a moins d’un mois, le lac était moins envahi par les herbes. Mais en raison de la position du soleil et de la surface lisse de l’eau qui fonctionne comme une loupe, les herbes poussent à une vitesse incroyable.

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J’ai tenté de l’enlever une fois, mais c’était comme enlever de l’eau dans la mer. L’herbe semblait pousser encore plus vite après l’avoir retirée.

La seule chose qui pourrait fonctionner ici est une tactique bien spécifique. Avec cette méthode, je racle d’abord le fond avec une sorte de herse.

Après avoir nettoyé autant que possible le fond en retirant toutes les herbes, je parsème généreusement le spot avec des petits pellets, du chènevis et des bouillettes.

Le gros avantage de cette méthode est que vous laissez les carpes faire l’entretien du spot. En remuant régulièrement le fond elles empêchent que les herbes repoussent.

Mieux encore, le fond ainsi remué attire en soi-même continuellement les carpes ! Et une fois qu’elles ont compris qu’elles y trouvent à manger à des heures fixes, elles y creuseront le fond de plus en plus. Certaines fosses ainsi creusées étaient impressionnantes.

Avec un peu de chance…
Sur certaines eaux les herbes sont très contraignantes. Ce qui fonctionne bien pour moi, c’est ma tactique spécifique d’amorçage en spot avec laquelle se sont des carpes qui nettoient et désherbent continuellement mes coups !

CONSEIL

Avec un peu de chance…
Le chènevis a toujours été la graine préférée dans ma pêche. Toutefois, utilisé seule, elle a comme inconvénient qu’elle crée une forte préoccupation chez les carpes qui du coup ignorent les esches.
Avec un peu de chance…
En la combinant avec des petits pellets contenant les mêmes ingrédients de base que vos bouillettes, il est possible de modifier le comportement alimentaire des carpes. Les pellets absorbent l’humidité du chènevis et sont de taille similaire. En utilisant cette amorce les carpes saisissent également les bouillettes d’eschage sans hésitation.

Semer au bon moment

Cependant, vous ne pouvez pas toujours utiliser la méthode ci-dessus. Certainement pas maintenant que nous sommes juste avant le frai et que les carpes ont autre chose en tête.

De plus, je n’ai pas eu le temps de préparer quoi que ce soit. Je dois réfléchir sur comment je pourrai adapter au mieux mon approche par rapport à la situation actuelle, et c’est quelque chose que j’aime faire par ailleurs.

Jusqu’à présent, je n’ai vu aucune carpe dans la nouvelle zone que j’observe. Et quand les carpes ne sont pas ici ni sur le poste que j’avais en tête initialement, elles doivent être à l’autre bout du lac.

Là-bas il n’est pas simple d’observer leur éventuelle présence car le seul endroit exploitable est situé à plus de 116 mètres de la berge.

J’opte tout de même pour ce poste pour la simple raison que je n’ai pas vu de carpes ailleurs.

Mais le poste n’est pas simple à pêcher. Non seulement la distance à atteindre est assez longue pour moi, mais la zone de bordure y est bien encombrée, notamment d’arbres couchés dans l’eau. Cela implique le risque de perdre un poisson dans les obstacles.

Je n’ai pas beaucoup de temps pour décider, parce que si je veux pêcher avant la tombée de la nuit je dois me dépêcher.

L’endroit que j’ai en tête est un plateau avec 3 mètres d’eau, autour de ce banc de sable dur il y a environ 5 à 6 mètres d’eau et un fond assez vaseux.

Ce banc de sable est caractérisé par un énorme arbre mort couché qui traverse le plateau.

Le plateau est de forme allongée et lorsque vous lancez correctement au bon endroit, vous pouvez le pêcher sans trop de risques. Du moins, si vous serrez bien votre frein.

La façon dont cet arbre mort est arrivé à cet endroit n’est vraiment pas claire pour moi. Il a dû couler ici il y a longtemps, et c’est quelque chose à prendre en compte car il est richement couvert de moules triangulaires.

Avec un peu de chance…
Vue d’ensemble du poste. À gauche et à droite, la bordure est encombrée de branches et d’arbustes qui avancent assez loin dans l’eau. Le plateau est à une distance de 116 mètres.

La bonne décision !

En clipsant mon fil, je m’assure de lancer exactement à la bonne distance. Avec un peu de vent de face je ne lancerai certainement pas assez loin.

Je pourrais pêcher avec un corps de ligne de plus faible diamètre, mais je ne veux pas faire de concession sur ce point étant donné la présence de nombreux obstacles.

Je décide donc d’enfiler mes waders et d’avancer dans l’eau sur une courte distance avant de lancer. Quelques instants plus tard ma première ligne est tendue.

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Je n’ai pas le temps de préparer la deuxième canne, car j’ai déjà un départ sur la première !

Je suis récompensé avec une carpe de presque 20kg qui a failli foncer dans un obstacle à ma gauche, mais en mettant la pression j’ai pu l’éviter de justesse. Quel bon début de session. Et cela même avant d’avoir pu lancer ma deuxième ligne !

Avec un peu de chance…
La première carpe. Et tout de suite un bon fish !

Je m’assois avec mes waders derrière mes cannes. De cette façon, je peux immédiatement bien avancer dans l’eau dès que j’ai une touche afin de pouvoir terminer un combat devant les obstacles.

Il y en a vraiment beaucoup en bordure. Sur la berge même il n’y a pratiquement pas de place. On ne peut même pas parler d’un poste proprement dit ici.

Mon intention est de pêcher pendant encore une heure jusqu’à ce qu’il fasse vraiment nuit. L’endroit est trop dangereux pour continuer à pêcher toute la nuit, à moins de garder mes waders et de rester collé derrière les cannes.

Mais je ne le ferai pas. Je dormirai bien pour pouvoir continuer à pêcher en pleine forme demain ! De plus, je vis ma pêche plus intensément lorsque j’attrape les poissons la journée. Je prends nettement plus de plaisir.

Avec un peu de chance…
Je préfère attraper mes poissons la journée…

Moment de plaisir

Le temps presse, mais avant de continuer à pêcher, je veux profiter de ce beau poisson. Je décroche le poisson dans l’eau et le laisse dans l’épuisette pendant un bref instant.

J’ai installé mon appareil photo comme je peux sur ce poste et je filme rapidement quelques rushes. Ensuite, le poisson est relâché.

Quand il glisse entre mes mains, je l’incline légèrement pour admirer une dernière fois sa morphologie. Quel beau spécimen et quel gros ventre.

Je le regarde disparaître dans les profondeurs sombres. Je profite de ce moment intense et je me prépare une tasse de café vite fait, pour prolonger encore un peu plus ce moment de plaisir.

C’est du café instantané. Pas mon premier choix, mais après cette capture je la trouve bon quand même…

Je vérifie vite mon montage. Rien à signaler, tout est intacte, même l’esche n’a pas bouchée. Il s’agit d’un montage très simple à réaliser.

L’hameçon est un Circle de taille 4. C’est un hameçon avec une large ouverture, à mi-chemin entre un modèle Claw et un Curve.

Il combine la tenue d’un Claw avec les bonnes propriétés d’accrochage d’un Curve.

Pour que l’hameçon bascule un peu plus tôt vers la lèvre inférieure, je prolonge sa tige avec un petit morceau de gaine thermorétractable.

Ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que l’hameçon Circle est spécialement conçu pour les systèmes d’auto-ferrage.

Pas par un pêcheur de carpes, mais par des pêcheurs de mer qui pêchent dans les grandes profondeurs. En raison des longues lignes sorties, il est difficile de ferrer efficacement les poissons.

Dans cette pêche les poissons doivent se piquer tout seuls. Cela fonctionne aussi avec des hameçons normaux mais ces derniers résultent en pas mal de décrochages. C’est pour cette raison que le Circle a été développé.

Avec un peu de chance…
Je termine l’hameçon Circle avec un petit morceau de tube rétractable d’environ 7mm de long. Cela fait basculer l’hameçon un peu plus tôt dans la bouche ce qui permet de mieux piquer les carpes.

Il s’est avéré que ce modèle offrait de loin la meilleure tenue pendant le combat. Jusqu’à 80% de décrochages en moins par rapport aux autres modèles d’hameçons.

En raison de sa forme ronde, l’hameçon Circle bascule exactement derrière le bord de la lèvre dure. Lorsqu’une traction est ensuite exercée sur la ligne principale, l’hameçon pénètre automatiquement dans la chair en se remplissant de façon optimale.

Si vous utilisez un hameçon Circle, il ne faut surtout pas ferrer. L’hameçon se positionne et pénètre automatiquement dès que le poisson tire sur le fil.

C’est pourquoi le Circle est vraiment parfait pour les systèmes auto-ferrants que nous utilisons pour la pêche statique de la carpe.

Avec un peu de chance…
L’hameçon Circle a été spécialement développé pour les systèmes auto-ferrants.

Deuxième poisson

Après avoir relancé, je ne suis pas complètement satisfait de la distance. La ligne ne sort pas jusqu’au clip de ma bobine.

Je suis environ 10 mètres trop court, mais je la laisse où elle est car il me reste peu de temps et je dois encore monter mon bivvy. Je suis obligé de le mettre bien en retrait et même alors il est très incliné.

Quoi qu’il en soit, je m’en fiche, j’ai juste besoin d’une protection contre les éventuelles intempéries. Juste au moment où je pense dérouler mon sac de couchage, le détecteur sonne.

Je glisse rapidement sur la rive escarpée dans l’eau et me précipite vers ma canne. Bien que je pêche un peu devant le plateau, j’ai quand même une touche, et cela malgré la couche de vase molle.

Le poisson à l’autre bout ne me laisse pas le temps d’y penser. Je dois lui mettre la pression car il essaye de partir vers la droite.

La carpe est encore trop loin. Je n’ai pas d’autre choix que d’avancer un maximum dans l’eau pour pouvoir passer devant les obstacles.

Je suis maintenant sur mes orteils et j’arrive à peine à empêcher l’eau de couler sur le bord de mes waders.

Avec la main gauche je tiens la canne et avec ma main droite j’essaie de pousser les branches qui me gênent dans mon visage.

Le poisson est maintenant à environ 30 mètres de moi, mais malheureusement il s’est coincé dans quelque chose. Je vois un bosquet de saules bouger.

Heureusement, c’est moins profond là-bas. Le poisson est bien piqué, je le vois allongé entre les branches dans l’eau cristalline.

J’ai mis ma canne dans l’eau contre les buissons. Heureusement pour moi, la carpe est assez fatiguée à ce stade.

Je retourne rapidement le poisson à l’envers (une astuce pour qu’une carpe reste calme et ne bouge plus). Je le décroche et comme un bébé, je porte mon prix vers la berge.

Mon appareil photo est toujours prêt et après quelques photos cette belle commune peut repartir.

Avec un peu de chance…
Le deuxième poisson est une belle commune bien sombre que je ne suis pas près d’oublier…

Assez pour aujourd’hui !

Bon, ça me suffit pour aujourd’hui, il fait déjà nuit et je dois encore récupérer ma canne qui traîne encore quelque part dans l’eau.

Quand tout est rangé sur le côté, j’observe encore un peu le lac. Demain je pêcherai certainement avec une canne dans la vase aussi.

C’est moins loin à lancer et j’aimerais tirer au clair s’il s’agissait d’un coup de bol ou pas.

Je me réveille tôt le lendemain. Je mange rapidement mon petit-déjeuner et regarde l’eau en même temps.

Le vent a un peu tourné et souffle maintenant plus dans la direction de mon poste. Les 116 mètres je peux les oublier, avec mon fil épais je n’arriverai jamais à les lancer avec ce vent. Finalement, j’arrive à lancer à peine à plus de 100 mètres.

Je suis vraiment dans la vase maintenant. Malgré tout le premier départ ne se fais pas attendre longtemps, suivi par un deuxième seulement quelques instants après !

Je combats deux carpes en même temps et par miracle j’arrive à les prendre toutes les deux. Je les relâche rapidement pour ne pas perdre trop de temps.

Ensuite, tout va très vite. Après avoir relancé mes deux lignes j’ai rapidement une autre touche.

Je suis récompensé avec une grosse miroir que je décroche et laisse dans l’épuisette, mais pendant que je prépare l’appareil photo la deuxième ligne part à son tour.

Je saute sur la canne et prends contact avec ce qui semble être encore un gros poisson.

Cependant, ce poisson se coince rapidement. Je sens que le fil gratte sur quelque chose. Je suis inquiet parce que je sais que de nombreux obstacles ici sont recouverts de moules. Soudain le fil se détache de l’obstacle et le poisson est toujours au bout.

Très vite je réussis à ramener la carpe devant moi. Cependant, à cet endroit se trouve un arbre géant dans l’eau avec une clôture en maille.

La carpe part maintenant puissamment dans la direction des branches de l’arbre. Je plonge ma canne dans l’eau et tente le tout pour le tout pour le stopper. Le poisson se retourne et monte en surface.

C’est une très grosse commune. Je dois absolument l’attraper, mais honnêtement, j’ai peu de confiance pour la suite.

Puis le géant replonge et une fois de plus je tente de le bloquer en pliant la canne autant que j’ose. Je ne peux plus voir le poisson qui reste près du fond maintenant.

Là où il se trouve il y a au moins trois mètres d’eau, je ne peux donc pas m’en approcher. Je tiens fermement ma canne avec les deux mains et j’essaye de reculer.

Je n’y arrive pas. Il doit encore être coincé dans quelque chose. Que le poisson soit toujours au bout est un miracle car le fil doit être bien endommagé à ce stade.

Tout ou rien !

Mais je n’ai pas le choix, c’est tout ou rien, je dois tirer fort et me croiser les doigts pour que rien ne lâche.

Juste au moment où je crains le pire je sens que le poisson bouge de nouveau. Je le ramène encore un peu, puis il tourne en cercles sous le scion, et toujours près du fond. L’eau devient trouble et des bulles montent en surface.

Maintenant, je dois faire attention, car même si le danger semble écarté, cela peut encore changer.

Je ne pensais plus à la grosse miroir qui est toujours dans l’épuisette. Elle ne doit pas être loin des 25kg.

C’est un poisson que je connais. Mais je dois choisir car j’ai besoin de mon épuisette pour épuiser l’autre poisson.

Je décide de tenter d’épuiser la grosse commune avec la grosse miroir déjà dans le filet. Une tâche qui s’avère être impossible, car le filet est accroché dans quelque chose. La grosse commune en surface est prête, mais je n’arrive pas à mettre mon épuisette dans la bonne position.

Il n’y a rien d’autre à faire que de sortir la miroir puis de tirer sur le filet.

Pour ce faire, je dois réduire la traction sur la commune afin que je puisse pousser mon filet vers le bas pour que la miroir puisse sortir.

Heureusement la commune ne bouge plus trop maintenant. Puis je tire mon filet sous le gros ventre de la miroir pour qu’elle sorte.

Mais le filet est toujours coincé. Je plonge mon bras droit dans l’eau pour essayer de le décoincer. L’eau coule maintenant le long de mes manches dans mes waders, mais ça ne me dérange pas.

Le filet qui était accroché à une racine se détache enfin. Quelques instants plus tard la commune rentre dans le triangle. YES !!! Je suis fou de joie !

Avec un peu de chance…
La grosse miroir reste un moment pendu dans l’eau. Finalement j’ai juste l’occasion de prendre cette photo avant qu’elle ne reparte vers le large…

Dieu soit loué pour ses petites grâces

Quand je prends mon appareil photo, je vois que la grande miroir est toujours dans l’eau devant moi. J’ai l’impression qu’elle veut me dire « à la prochaine fois ! ».

Je prends une photo d’elle juste au moment où elle retrouve sa force et s’éloigne vers le large.

Tous les poissons sont pris sur le fond vaseux devant le plateau.

Si j’avais pu lancer à chaque fois sur le plateau je n’aurais jamais découvert cet endroit et je n’aurais probablement pas attrapé ces poissons. Dieu soit loué pour ses petites grâces !

La commune pèse un peu plus de 25kg. C’est un poisson totalement inconnu. La carpe miroir que j’avais avant est connue comme une cliente très difficile et est le plus gros poisson connu du plan d’eau avec ses 24kg.

Je l’avais déjà attrapé avant. Mais la grosse commune est encore un cran au-dessus. L’appareil photo clique une fois puis rend l’âme.

Cela ne me dérange même pas, ce mastodonte doré est gravé dans ma mémoire de toute façon.

Avec un peu de chance…
Miraculeusement je suis récompensé avec cette vieille grosse commune…

J’abaisse lentement le poisson dans l’eau, sa tête soutenue par ma main. Pendant un instant j’ai l’impression que nos regards se croisent et je souris.

Quelle belle bête !

Pour moi, c’est un moment que je chéris non seulement pour le sentiment de bonheur que j’éprouve, mais aussi du fait qu’il s’agit d’un poisson qui jusque-là nous avait échappé et dont personne ne soupçonnait l’existence.

Peut-être elle ne sera plus jamais reprise, qui sait… Ce sont des choses qui persistent dans mes fantasmes. Pourquoi je l’ai attrapé maintenant ?

Pourquoi elle a commise une erreur cette fois-ci ? C’est la pêche, et dans la pêche rien n’est noir et blanc.

Il y a toujours une très grande zone grise qui rend cette pratique si intéressante. Et parfois il faut avoir de la chance…

Avec un peu de chance…
J’avais déjà attrapé la grosse miroir un jour, à 24kg.

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