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15 questions à Nicolas Carrié

30 ans de traque passionnée !

Cela fait maintenant plus de 30 ans que Nicolas a contracté le virus de la pêche de la carpe.

Il ne compte plus les heures, les jours et les semaines à la traquer dans ses eaux préférées !

Rapidement, il s’est intéressé aux plus beaux spécimens qu’il poursuit inlassablement et aujourd’hui, en pratiquant une pêche basée sur des sessions courtes et une approche en perpétuelle adaptation.

Des grosses carpes, il en a pris beaucoup, mais cela ne lui a pas pour autant fait tourner la tête.

Il a su garder les pieds sur terre tout en s’assurant d’avoir, une fois au bord de l’eau, la tête dans les étoiles !

INTERVIEW CARP LSD

 

1-Comment as-tu découvert la pêche de la carpe ?

J’ai commencé à pêcher à l’âge de 10 ans.

A l’époque, j’achetais le magazine « Le canard du pêcheur » et je m’essayais à toutes les techniques qui étaient évoquées à chaque numéro.

Vers l’âge de 12 ans, le président de la petite société de pêche du village dans lequel j’habitais dans le Cantal, Pascal Cassard, m’a proposé de m’emmener pêcher la carpe.

Le lendemain matin, il est venu me récupérer chez moi et nous sommes partis faire une journée sur un lac de barrage de la région.

Pascal m’a initié et m’a expliqué les montages, les nœuds, les bouillettes, bref tout ! C’était une véritable journée d’initiation.

En fin d’après-midi, une canne a démarré, Pascal a saisi la canne, il a ferré puis m’a mis la canne dans les mains en me disant : « débrouille-toi, je t’ai expliqué comment faire ! ».

J’ai ramené ma première carpe, une miroir de 6kg, cela a été plus qu’un électrochoc pour moi, car cette carpe et ce combat ont déclenché en moi une passion inépuisable qui dure depuis maintenant presque 30 ans.

Aujourd’hui encore, je me souviens de cette journée comme si c’était hier…

Interview 15 questions à Nicolas Carrié 30 ans de traque passionnée ! Carp Lsd le magazine 100% carpe
Nicolas recherche avant tout le calme au bord de l’eau !


2-Quelle est ta situation professionnelle ?

Je suis technicien de chantier dans une entreprise de Béziers, je fais de l’élimination de colonie de termites par pièges, à l’aide d’appât…

Ça ne s’invente pas !

Je ne fais pas que tuer des petites bêtes innocentes, les termites sont un véritable fléau pour les habitations, éliminer une colonie de termites qui s’attaquent à une maison revient à sauver la maison !

C’est un métier peu commun mais gratifiant.

3-As-tu des sponsors ?

Je ne suis pas quelqu’un qui court après les étiquettes, mais depuis l’année dernière, après avoir passé 7 ans dans un grand groupe, j’ai intégré le team Rouletesbouillettes de Jean Louis Buhler.

C’est une entreprise à taille humaine, Jean Louis fait des appâts d’une super qualité, des appâts et un esprit qui me ressemble, il n’y a pas de fioriture, que des bons ingrédients, sans chichis ni superflus.

J’avais déjà employé ses produits entre 2010 et 2014 pour rouler mes bouillettes, je connaissais déjà la qualité des produits et le sérieux du bonhomme, c’est donc sans hésiter que j’ai accepté son invitation !

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Cela fait plus de 30 ans que Nicolas piétine les berges des eaux à fort potentiel à la recherche de gros poissons !


4-Plutôt pêcheur de longues sessions ou adepte de pêches rapides ?

Aujourd’hui, ma situation professionnelle et familiale ne me permet pas de faire de grandes sessions.

Mon boulot est en flux tendu d’avril à novembre (les termites sont des insectes qui aiment la chaleur), de ce fait, hormis pour les congés d’été, je ne peux pas poser de congés durant les meilleures périodes de l’année.

Mes pêches se font essentiellement sur des durées de 24 à 48h. Mais comme il devenait difficile de placer des sessions de 48h dans un planning familial très chargé, depuis l’automne dernier, je me suis mis à ne pêcher que la journée afin de pouvoir être plus souvent au bord de l’eau.

Moins de temps à pêcher en continu, mais des résultats qui ont explosé !! J’ai vécu un automne comme je n’avais jamais vécu, beaucoup de gros et de très gros poissons sont à prendre la journée à qui s’en donnent les moyens !

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Une véritable pépite !!!

5-Niveau destination, tu es plutôt privé ou public ?

J’ai pêché dans le privé deux fois dans ma vie, une fois pour pêcher des esturgeons, l’autre pour quatre jours de vacances avec ma compagne pour l’aspect tranquillité et le confort.

Pour le reste, toutes mes pêches se font en public. J’aime la liberté et le mystère du Domaine Public, et plus je prends de l’âge, plus je fuis les sites sur-pêchés.

J’aime me retrouver seul autant que possible, ce n’est pas que je n’aime pas les gens, mais je vais à la pêche pour profiter du calme et de la nature, c’est quelque chose qui devient de plus en plus compliqué, surtout si tu souhaites en plus pêcher des gros poissons…

Mes sites de prédilection sont les lacs de barrage, mais j’aime aussi pêcher de temps à autre une rivière ou une gravière, à condition que le lieu soit sauvage et isolé.

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Il apprécie particulièrement les grandes eaux sauvages…

6-Tu es du style à benner lourd ou préfères-tu des amorçages légers et ciblés ?

Évidemment que pour une journée de pêche, j’amorce très peu sur chaque ligne pour prendre un poisson.

Mais suivant la saison, le site, l’activité du poisson et tout un tas d’autres paramètres, je peux très bien disperser 3 ou 4kg de bouillette par canne pour un 48h.

Cependant, j’ai horreur de faire une tache serrée au fond de l’eau, même si je n’amorce que 10 bouillettes, je les écarte volontairement afin de couvrir plusieurs mètres carrés.

Après tout dépend du spot, dans une trouée d’herbier, ce sera une poignée autour du montage, sur une grande zone vaseuse dans les profondeurs, ce seront plutôt plusieurs kilos sur plusieurs dizaines de mètres carrés.

Tout est question d’adaptation, dans ma pêche rien n’est figé !

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7-Côtés présentations, tu es plutôt dense ou flottante ?

Bonhomme de neige presque tout le temps !

Et toujours avec une 24mm en base, j’aime aussi utiliser les pop-ups, j’ai toujours au moins une canne en flottante.

A certaines périodes comme avant le fraie, lorsque les poissons sont peu actifs ou encore en plein hiver, il m’arrive même de ne pêcher qu’en pop-up.

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8-Quel est ton montage de prédilection ?

J’ai très longtemps pêché avec des bas de ligne rigide en D-rig.

Depuis un peu plus d’un an, j’utilise des montages avec un lest en pré-piquage, corps en nylon rigide et terminaison en tresse.

Tous les poissons sont piqués sur la lèvre du bas, et je n’ai que deux décrochages à déplorer pour la saison 2023.

Pour ce qui est des montages, je n’en emploie qu’un, je n’ai jamais été un grand technicien des bas de ligne, quand j’ai confiance en un montage pour son piquant et sa solidité, je ne perds pas de temps là-dessus, ça me permet de mieux me consacrer à la localisation des poissons.

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Dés qu’il le peut, il laisse l’abri à la maison !

9-Ton appât préféré ?

Je n’ai pas vraiment d’appât préféré, je pêche beaucoup avec des bouillettes carnées en 24mm, je pense que j’aurais du mal à pêcher avec autre chose.

Sinon, comme je le disais plus haut, j’ai toujours des pop-up avec moi, il m’arrive aussi d’employer du maïs, des noix tigrées, des pellets, du Frolic…

Disons que d’une façon globale, si je devais faire une session sur un barrage que je ne connais pas, je prendrais deux appâts avec moi, des bouillettes en 24mm et des pop-up, bon, un petit sceau de noix tigrée aussi, au cas où les écrevisses seraient insupportables…

Mais comme la pêche n’est jamais la même d’un site à l’autre, il m’arrive aussi d’adapter mes appâts au site ou à la saison, dans les rares cas où cela est nécessaire.

Je pense qu’avoir confiance en ses appâts est quelque chose de très important, lorsque l’on commence à douter des appâts qui sont dans l’eau, on en devient moins performant, on doute, on hésite, ce n’est pas bon !

Avoir confiance à 100% en ses appâts permet de se concentrer sur le reste, pour cela, je ne prends avec moi qu’une sorte de bouillette.

10-Quel matériel emploies-tu ?

Comme tout le monde, des cannes et des moulinets !!!

Sinon, je ne pêche qu’en tresse pour le contact direct et le ressenti que l’on peut avoir avec le plomb ou le poisson.

Pour le reste du matériel, j’ai depuis longtemps fais la chasse au superflu et au poids, je pêche avec des piques, et dès que les beaux jours le permettent, je laisse le biwy au garage au profit d’une tarp.

Pour moi, le matériel n’a pas une grande importance, il faut juste qu’il soit solide et fiable, mais aussi léger et qu’il prenne le moins de place possible.

Je ne supporte plus de devoir charger un mètre cube de matériel pour partir faire une nuit ou deux.

Je pense que le meilleur matériel au monde dans les mains d’un pêcheur qui n’a aucun sens de l’eau ne fera rien de plus, et inversement, un pêcheur au sens aiguisé n’aura pas besoin de matériel haut de gamme pour prendre beaucoup de poissons.

Les appâts et la façon de pêcher sont bien plus importants que le matériel, mais évidemment pour affronter des conditions de pêche difficiles, il faut avoir un matériel robuste et résistant à toute épreuve !

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11-D’après toi, quelles sont les qualités essentielles pour être un bon pêcheur de carpe

L’observation, l’analyse, l’adaptation et la remise en question.

Ce sont des points primordiaux pour moi. L’observation parce que les poissons ne se trouvent pas avec son téléphone, il n’y a qu’en observant le milieu que l’on peut trouver les poissons.

L’analyse, car observer est une bonne chose, mais il faut aussi savoir analyser et comprendre ce que l’on voit et ce qui nous entoure.

La pêche est un peu comme un puzzle dont il faut assembler les bonnes pièces pour arriver à ses fins.

L’adaptation, car je pense que c’est au pêcheur de s’adapter en fonction des conditions et du poisson et non l’inverse.

Même avec beaucoup d’expériences, on a toujours à apprendre et pour cela, il ne faut pas hésiter à se remettre en question lorsque cela est nécessaire.

Il n’y a pas de lac sur off, c’est une idée préconçue pour excuser les capots, je pense qu’il y a toujours au moins un poisson à prendre, si ça ne mord pas, c’est qu’une pièce du puzzle n’a pas été assemblée correctement.

On ne peut jamais tout essayer, on tente des choses, souvent cela fonctionne et d’autres fois non.

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Il n’a pêché qu’à deux reprises le privé, dont une fois pour tenter l’esturgeon !

 12-As-tu un mentor, un pêcheur qui t’a fortement influencé ?

Si ma mémoire est bonne, j’ai acheté le livre Carpe Révélation en 2001.

Je l’ai dévoré durant les révisions de mon BEP !

Ce livre a littéralement changé ma vision de la pêche. J’ai compris beaucoup de choses, surtout qu’à l’époque les gros poissons n’étaient pas légion, il n’y en avait pas autant qu’aujourd’hui et surtout pas partout !

Ce livre a déclenché en moi l’envie de traquer ces spécimens, une traque qui a payé les années suivantes.

Leon est un pêcheur qui m’a toujours inspiré, c’est quelqu’un que je respecte énormément, son expérience est énorme, une véritable bible de notre pêche, personne ne peut dire le contraire !

Il y a aussi Pascal Cassard, à l’origine de ma passion, qui m’a appris que la pêche et les résultats étaient une chose, mais qu’il ne fallait pas en oublier pour autant le respect de la nature et des autres pêcheurs…

Mais aussi l’humilité, on peut être un excellent pêcheur, mais cela ne donne pas le droit de marcher sur les autres ou de se croire tout permis !

Il faut savoir garder les pieds sur terre pour garder la tête froide… Après tout, nous ne faisons que pêcher des poissons !

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13-Quel est ton regard sur les réseaux sociaux ?

Vaste question…

Il y a du bon et du moins bon. Les réseaux sociaux sont une formidable source de communication et d’échange.

Malheureusement, beaucoup de gens ne peuvent pas s’empêcher de cracher leur venin lorsqu’ils ne sont pas d’accord, ou lorsque quelque chose ne va pas dans leur sens.

Personnellement, lorsque quelque chose me plaît, je le fais savoir ou lorsqu’un débat est lancé sur un sujet, si je pense avoir un avis constructif qui puisse faire avancer ce débat, alors je participe.

Mais beaucoup de gens ne savent pas écrire sans faire preuve d’animosité les uns envers les autres, souvent sans argument concret, juste pour critiquer.

Lorsque je vois quelque chose qui me déplaît, une attitude incorrecte ou un poisson dont le poids est volontairement grossi par exemple, plutôt que de commenter de façon négative, je passe à autre chose.

Les réseaux sont également un vrai problème pour les sites à gros poisson, il suffit qu’il se prenne un gros poisson quelque part et dès que la photo est publiée tout le monde se jette dessus !

Avant les réseaux sociaux, il y avait les revues et les forums, l’information circulait tout autant mais tout allait bien moins vite…

14-Comment envisages-tu l’avenir de la pêche de la carpe en France ?

Je vois l’avenir de la pêche de la carpe en France avec optimisme, simplement parce que nous n’avons pas fini d’être surpris par la croissance des poissons et par de nouveaux records dans le public que nous n’aurions pas osé imaginer, il y a quelques années de ça.

Les carpes deviennent de plus en plus grosses, résultat d’une forte pression de pêche et donc d’une alimentation riche apportée par les carpistes, mais aussi en raison du réchauffement climatique qui permet aux carpes de garder une activité alimentaire plus longue dans l’année.

La France est un merveilleux et riche pays par son réseau hydrographique, ce qui permet à tout le monde de pouvoir profiter de lieu de pêche en fonction de ses envies.

Il reste des milliers de kilomètres de berges encore inexploités ou très peu, le mystère et la découverte existe encore pour ceux qui sont prêts à sortir des sentiers battus.

En revanche, je suis beaucoup plus pessimiste concernant l’avenir de la pêche de nuit en France.

La pression de pêche amène avec elle de nombreux abus et malheureusement de nombreux sites en pêche de nuit ferment tous les ans.

La faute de ces débordements et de ces abus est souvent attribuée à la médiatisation des sites en question, mais la surfréquentation d’un lieu doit-elle systématiquement engendrer des abus et un non-respect de la réglementation et du savoir-vivre ?

Notre pêche et la pêche en général a toujours été source de partage, et ce, depuis toujours, malheureusement aujourd’hui le partage engendre souvent de l’envie, voire de la frustration chez certains, qui en oublient les bases du respect.

Si je prends l’exemple de ma région, de nombreux sites nécessitent l’emploi du bateau, en raison de la végétation aquatique très dense à partir du printemps.

Malheureusement dès qu’un carpiste sort son bateau, son rayon de pêche s’étend à plusieurs hectares, et chaque spot devient « sa » propriété farouchement protégée.

Ce comportement amène souvent à des tensions entre carpistes, pêcheurs de carnassiers et autres usagers du milieu aquatique et ces mêmes tensions amènent à une mauvaise image de notre passion.

Malgré ce pessimisme, mon côté bisounours garde une lueur d’espoir, beaucoup de carpistes sont respectueux et adaptent leur façon de pêcher en fonction des autres.

Une prise de conscience générale et donc possible, rien n’est perdu, et puis l’espoir fait vivre, il faut donc garder espoir !

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15-Des projets ?

Personnels oui, mais rien à voir avec la pêche.

Pour la pêche, je n’ai pas vraiment de projet, juste des envies, qui évoluent au fil des saisons et du temps qui passe.

Je n’ai pas d’objectif non plus, mis à part savourer les moments passés au bord de l’eau et de toujours essayer de pêcher le mieux possible pour ne pas avoir de regret en rentrant.

J’aurais bien quelques idées de projet, notamment en vidéo, mais le temps me manque et l’investissement ne serait pas raisonnable vis-à-vis des autres projets « privés ».

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